Posted On septembre 18, 2017 By In Actualité, Arts et Culture, SLIDER With 129 Views

AL KAWARI, LE CANDIDAT QATARI POUR L’UNESCO: “JE TROUVERAI L’ARGENT NÉCESSAIRE”

A quelques semaines du vote de la commission internationale qui, en novembre prochain nominera le Directeur général de l’UNESCO, “Tunisie Plus” a interviewé le Dr Hamad Bin Abdulaziz Al-Kawari, un homme politique et un diplomate dèjà depuis un certain temps, ancien ancien ministre de la Culture et ambassadeur aux États-Unis et en France. Marié et avec trois enfants, Al Kawari est reconnu internationalement pour son engagement vers les thématiques culturelles, pour la protection du patrimoine culturel artistique, mais aussi pour sa capacité à trouver des ressources financières. Sa candidatur est soutenue par la plupart des pays arabes et par divers pays africains. Voici les passages les plus importants de l’interview avec “Tunisie Plus”.

 

Quelles sont les trois raisons qui, selon vous, justifient votre candidature? Hamad Al-Kawari: Au cours de ma carrière, j’ai été ministre pendant quatorze ans,  j’ai également été ambassadeur, notamment aux Nations Unies, pendant de longues années (21 ans) et j’ai présidé la CNUCED (Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement) durant quatre ans. En même temps, toute ma vie, j’ai gardé des liens puissants avec le monde de la culture. Notez aussi que je suis écrivain, un homme du patrimoine arabe. Ainsi j’ai travaillé dans plusieurs continents, en Amérique du Nord comme du Sud et à Paris, la capitale de la culture. Donc je suis parfaitement préparé pour faire ce “job” si vous me permettez l’expression.

 

Ques sont les chantiers prioritaires de l’Unesco? Hamad Al-Kawari: L’Unesco est une organisation très importante qui traite des sujets essentiels. Ses pères fondateurs l’ont créée avec l’ambition et l’espoir que la paix remplace la guerre. Malheureusement jusqu’à maintenant la guerre est toujours présente. Au début l’Unesco a été un grand succès. Ces dernières années, j’ai visité quarante pays, et j’ai malheureusement remarqué un phénomène actuel: les gens ont quasiment oublié l’Unesco et la confondent même avec d’autres organisations. C’est une attitude récente. Nous devons donc réintroduire l’Unesco dans l’esprit des peuples. C’est un de ses problèmes majeurs et cette tâche doit être prioritaire. Vous savez que cette organisation connait également une crise financière. Mais, contrairement à ce que l’on dit, elle n’est pas que financière, elle est aussi politique.

 

C’est à dire? Hamad Al-Kawari: Au début de son histoire, les résolutions s’obtenaient par consensus. Il faut revenir à cette méthode et à cette pratique. Ce sera un long chemin, il faudra faire beaucoup d’efforts pour convaincre mais l’Unesco mérite un tel effort et un tel travail. Pour ne prendre qu’un seul exemple, pensons à la question palestinienne. Je suis bien placé pour traiter ce problème entre les Palestiniens et les autres. Je suis un Arabe et en même temps un citoyen du monde comme le prouvent ma carrière et mon éducation. J’ai étudié au Caire, au Liban, à Paris et à New-York. Je suis donc issu de quatre cultures et de quatre mondes. Voilà qui donne une légitimité pour tenter de résoudre les problèmes politiques. D’autres raisons justifient  ma capacité à initier un dialogue entre les nations: je parle plusieurs langues, j’ai de bonnes relations avec l’Amérique et l’Europe, je connais beaucoup de chefs d’Etat, j’ai des amis partout.

 

Quel autre chantier vous semble prioritaire? Hamad Al-Kawari: Je me consacrerai aussi à ce que j’appelle “les petits projets”. Il s’agit d’initiatives peu chères, de l’ordre de 50.000 € ne dépassant jamais les 100.000€ qui concernent surtout l’Asie, l’Afrique et les Caraibes. Elles seront d’ordre scientifique, artistique, culturel et de l’éducation. On les oublie trop souvent au bénéfice des grands projets. Moi, je créerai un fonds d’investissement spécifique aux “petits”.

 

Y-a-t-il des pays oubliés par l’UNESCO? Hamad Al-Kawari: Oui. Il y a les petits pays. J’en ai visité beaucoup. Tous leurs responsables, m’ont dit que c’était la première fois qu’un candidat à une organisatione internationale les rencontrait.

 

Est-ce le tour des Arabes de diriger l’UNESCO? Hamad Al-Kawari: Bien sûr. La culture arabe est une culture riche qui a joué un rôle magnifique dans l’histoire. Elle a le droit comme les autres civilisations de diriger l’Unesco. Elle est la seule à ne l’avoir jamais fait, jamais!

 

La situation financière de l’Unesco est catastrophique. Que peut-on faire? Hamad Al-Kawari: Il faut un directeur général qui ait le courage d’aller voir les chefs d’Etat, il faut aller au contact. Il ne suffit pas d’envoyer des lettres pour réclamer de l’argent. Il faut aussi trouver d’autres démarches comme le recours aux sponsors. Car il est nécessaire de donner des moyens  au staff de cette organisation  qui est un des plus performants du monde. Bref, il faut beaucoup travailler et avoir la volonté. En tout cas, moi je n’arriverai pas les mains vides. J’ai déjà parlé avec mon gouvernement  et avec des sponsors. Je n’accepterai pas d’être

candidat si je n’ai pas les moyens. D’autant que je suis convaincu que la meilleure façon de combattre le terrorisme est de soutenir l’Unesco. On peut y faire face par la culture, la science et l’éducation.

 

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