Posted On février 24, 2017 By In Non classifié(e) With 42 Views

Afrique du Sud: manifestation anti-immigrés à Pretoria

Pretoria, 24 fév 2017 (AFP)

Des centaines de Sud-Africains se sont réunis vendredi à Pretoria pour une marche anti-immigrés sous tension, après des violences qui ont ravivé le spectre des émeutes xénophobes meurtrières de 2008 et 2015, ont constaté des journalistes de l’AFP.
Réunis à l’appel d’un collectif d’habitants d’un township de la ville, les manifestants accusent les étrangers, dans un contexte de fort chômage et de pauvreté, de voler le travail des Sud-Africains et d’encourager la criminalité.
Depuis deux semaines, des dizaines de bâtiments occupés par des étrangers, notamment des Nigérians, et soupçonnés d’abriter des maisons de passe ou du trafic de drogue ont été brûlés par des riverains en colère à Johannesburg et à Pretoria.
Ces incidents n’ont fait aucune victime, selon les autorités.
Vendredi matin, les habitants d’Atteridgeville, théâtre de certains de ces incidents, ont érigé des barrages de pneus enflammés et bloqué les accès à ce quartier de Pretoria, selon les médias locaux.
D’important effectifs de police ont également été déployés autour du ministère de l’Intérieur, point d’arrivée de la marche.
Dans une déclaration diffusée par ses services quelques heures avant la manifestation, le président Jacob Zuma a “fermement condamné les actes de violence et appelé les citoyens sud-africains et les étrangers à la mesure”.
Jeudi, son ministre de l’Intérieur Malusi Gigaba avait lui aussi appelé “tous les Sud-Africains à prendre leurs distances avec la rhétorique ou les actions xénophobes”.
Ces violences ont suscité une crise diplomatique avec le Nigeria, dont les ressortissants sont la principale cible des incidents.
Abuja a convoqué jeudi l’ambassadeur sud-africain pour lui faire part de sa “profonde préoccupation” et exiger des mesures de protection de “vies et des biens des étrangers”.
“Nous avons peur parce que nous connaissons les Sud-Africains”, a confié jeudi soir à l’AFP un immigré de Pretoria, Alain Bome, 47 ans, originaire de République démocratique du Congo. “Nous avons décidé de ne pas quitter notre domicile”.
Les flambées de violence anti-immigrés sont récurrentes en Afrique du Sud.
En 2015, 7 personnes sont mortes lors de pillages visant des commerces tenus par des étrangers à Johannesburg et à Durban. En 2008, des émeutes xénophobes avaient fait 62 morts.

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