Posted On mars 1, 2017 By In Non classifié(e) With 36 Views

Burkina: les échos du Fespaco

Ouagadougou, 1 mars 2017 (AFP)

NUITS COURTES – Au Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco), la presse bénéficie de projections dans la matinée pour permettre aux journalistes de voir les films avant le grand public. La première séance a lieu quotidiennement à 8h du matin. Avant la projection de “Félicité”, un des favoris de la compétition, le réalisateur franco-sénégalais Alain Gomis, a lancé: “Je vous remercie d’être là si tôt, les nuits de Ouagadougou sont courtes”. Les organisateurs avaient beaucoup incité les journalistes à venir aux projections du matin pour désengorger les salles, où les spectateurs doivent souvent s’asseoir dans les travées ou escaliers.
Le directeur général semble avoir été entendu. Tout le monde se presse même aux séances dédiées aux journalistes, des cinéphiles trouvant plus confortable d’y aller le matin plutôt que le soir où les places s’arrachent. “Le matin je peux avoir de la place sans bousculade et je suis sûr de ne pas rater une séance, même si j’arrive avec une minute de retard”, a dit Ibrahim Kader Illiassou, un cinéphile nigérien.
PREMIER FILM ET PREMIER PRIX – L’actrice Véronique Beya Mputu, auteure d’une prestation très remarquée dans Félicité où elle incarne une chanteuse de bar de Kinshasa, jouait pour la première fois dans un long métrage. Recrutée après un casting, l’actrice a confié qu’elle avait “peur de ne pas y arriver” et avait trouvé ça “dur”. Elle a en effet dû apprendre à danser et surtout chanter pour qu’on puisse poser la voix de la vraie chanteuse des Kasai All Stars. Malgré les difficultés, Véronique Beya Mputu a assuré vouloir poursuivre sa carrière de comédienne et remercié Alain Gomis de lui avoir donné sa chance. Elle est une des favorites pour le prix d’interprétation féminine.
SALLES EN PLEIN AIR – L’un des problèmes du cinéma africain est la diffusion des films africains en Afrique. Avec la crise financière et économique et suite aux Programmes d’ajustement structurel (PAS) dans les années 90 qui ont obligé les Etats africains à arrêter leurs soutiens à de nombreux secteurs dits non productifs comme celui de la culture, la plupart des salles de ciné ont fermé en Afrique subsaharienne. Pour le réalisateur sénégalais Moussa Touré, vainqueur de l’Etalon de bronze en 2013 avec son film “La pirogue” il faut arrêter de construire des salles climatisées “trop coûteuses” pour montrer des films africains. “Tu entres dans une salle climatisée où il fait quasiment zéro degré, tu sors dehors il fait 45°. Est-ce qu’on peut arrêter de construire des salles climatisées et faire des salles en plein air pour montrer à la jeunesse africaine son cinéma?”, a-t-il tonné à la sortie d’une séance.
“Mes aînés et moi sommes les seuls à avoir pu voir et montrer nos films chez nous au Sénégal. Aujourd’hui ce n’est quasiment plus possible. On fait des films pour notre public mais il n’a plus accès parce que les salles sont fermées. Il faut changer les choses et faire des salles en plein air”, a-t-il estimé.
LES JEUNES PRENNENT LE POUVOIR EN COTE D’IVOIRE – Les deux longs métrages ivoiriens en compétition au Fespaco, “L’interprète” et “Innocent malgré tout” ont tous deux été réalisés par de jeunes metteurs en scène. Olivier Meliehe Koné auteur de “L’interprète”, Kouamé Jean De Dieu Konan et Kouamé Mathurin Samuel Cdodjovi, co-réalisateurs de “Innocent malgré tout” espèrent marcher sur les pas d’Owell Brown, lauréat de l’Etalon de bronze en 2011 (“Le mec idéal”) et Marie Christine Amon (“Chroniques africaines”, 1er prix Séries en 2015) le soir du 4 mars à la proclamation du palmarès.

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