Posted On avril 9, 2018 By In Cameroun, PAYS, Photo galerie, SLIDER, VIDÈO&PHOTO With 69 Views

Cameroun: un ancien magistrat enlevé dans le Sud-Ouest anglophone

Douala (AFP)

Ce diaporama nécessite JavaScript.


L’ancien vice-président de la cour d’appel du Sud-Ouest, une des deux régions anglophones du Cameroun en proie à une profonde crise socio-politique, a été enlevé dimanche matin par des séparatistes anglophones, selon Me Agbor Nkongho, défenseur des droits de l’homme et proche du magistrat.
“Martin Mbeng est entre les mains des partisans de la sécession”, a indiqué Me Agbor Nkongho lundi à l’AFP, confirmant une information publiée sur les réseaux sociaux par les sphères séparatistes camerounaises.
Aucun groupe armé séparatiste n’avait néanmoins revendiqué cet enlèvement lundi, et les autorités n’en avaient pas fait état.
“Nous avons condamné cet acte et demandé sa libération, et ce d’autant plus que M. Mbeng n’a aucune activité politique, ce n’est pas un soutien du gouvernement”, a encore déclaré M. Nkongho, directeur de l’ONG Centre pour les droits de l’homme et la démocratie en Afrique.
Les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest regroupent les habitants anglophones du Cameroun, soit 20% de la population. Elles sont secouées depuis plus d’un an par une profonde crise socio-politique, qui s’est peu à peu muée en un conflit armé de basse intensité.
Les séparatistes, en lutte pour l’indépendance du Cameroun anglophone, ont demandé aux représentants de Yaoundé ainsi qu’aux forces de sécurité et de défense, de quitter leur territoire, les qualifiant de “forces d’occupation”.
Depuis trois mois, les groupes séparatistes armés y multiplient les actions violentes contre des symboles de l’Etat (attaques de gendarmerie, enlèvements de fonctionnaires, accrochages avec l’armée).
Outre M. Mbeng, qui avait pris sa retraite il y a un an selon Me Nkongho, un sous-préfet et un fonctionnaire ont été enlevés en février à Batibo dans la région du Nord-Ouest.
Début avril, Yaoundé a indiqué avoir libéré “six conseillers municipaux” lors d’une opération militaire dans le Nord-Ouest, sans qu’il soit possible de déterminer quand ils avaient été enlevés.
Depuis fin 2017, les séparatistes anglophones ont tué 28 membres des forces de sécurité, selon une compilation de l’AFP établie sur la base des déclarations officielles. D’autres observateurs à Yaoundé évoquent un bilan plus élevé.
A mesure que la crise évolue, de nouveaux groupes séparatistes apparaissent, arborant sur les réseaux sociaux armes et drapeau de l'”Ambazonie”, du nom de l’Etat qu’ils veulent créer.
Des élections – dont la présidentielle – sont prévues au Cameroun fin 2018.

Tags : , , ,