Posted On mars 13, 2018 By In Non classifié(e) With 59 Views

Collomb se rend en Algérie et au Niger pour parler immigration irrégulière

Paris, 13 mars 2018 (AFP)

Le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb se rend en Algérie et au Niger à partir de mercredi pour évoquer la lutte contre le terrorisme mais aussi l’immigration irrégulière, au coeur d’un projet de loi controversé.
Ce déplacement, prévu jusqu’à dimanche, permettra d’une part de “rappeler le partenariat étroit qui unit l’Algérie et la France”, sur les questions “de sécurité et de lutte contre le terrorisme, ainsi que sur les enjeux migratoires”, selon le ministère.
En Algérie, M. Collomb doit rencontrer son homologue Noureddine Bédoui, ainsi que le Premier ministre Ahmed Ouyahia.
Il se rendra ensuite au Niger ou il retrouvera son collègue des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian pour une réunion à Niamey sur la lutte contre les réseaux de trafiquants de migrants, avec les représentants de plusieurs pays africains (Tchad, Mali, Burkina Faso, Mauritanie, Côte d’Ivoire, Guinée, Sénégal et Libye) mais également européens.
Les Européens cherchent de longue date comment couper les routes de l’immigration illégale transitant par la Méditerranée. Les traversées entre la Libye et l’Italie ont déjà chuté d’un tiers entre 2016 et 2017.
Mais “c’est en amont” qu’il faut s’attaquer au dossier, note-t-on à Beauvau, en soulignant qu’aujourd’hui les flux sont largement constitués de migrants originaires du Nigeria, de Guinée ou de Côte d’Ivoire notamment, qui “ne sont pas persécutés” mais “cherchent un cadre économique moins hostile”.
Sur cette route, le Niger joue un rôle clé, puisqu’il représente la dernière étape avant le désert libyen. Mais les pays de transit et d’origine ont leur rôle à jouer et “la conférence a vocation à être opérationnelle” en permettant “de développer des outils contre les réseaux”, explique-t-on à l’Intérieur.
Problème: cela demande une expertise “que ces pays n’ont pas”. D’où l’idée de mettre en place des “équipes conjointes” d’investigation avec les Africains, de mieux former les forces de l’ordre sur place et d’arriver à une meilleure coopération régionale.
– L’enjeu des déboutés –
En novembre, un sommet UE-Union africaine à Abidjan avait déjà décidé d'”une coopération étroite” avec une “task force” opérationnelle, associant leurs services de police et de renseignement pour démanteler les réseaux.
La conférence sera également l’occasion d’appeler les pays africains à mieux coopérer pour “reprendre” leurs ressortissants déboutés, en émettant plus facilement les “laissez-passer consulaires” nécessaires à leur retour. Un point crucial pour le gouvernement français, qui veut augmenter les expulsions d’étrangers en situation irrégulière.
“La France peut répondre aux demandes d’appui stratégique mais cela suppose une coopération” côté africain, souligne-t-on à l’Intérieur, en rappelant la logique de “pacte migratoire” initiée en 2015 lors du sommet de La Vallette.
Car avec des représentants des ministères de l’Intérieur allemand, italien et espagnol, la conférence aura aussi une dimension européenne.
En matière d’accueil des réfugiés, la France s’est engagée à “réinstaller” (c’est-à-dire aller chercher) 10 000 personnes dont 3000 via le Niger et le Tchad, mais les autres pays européens restent très discrets sur leurs engagements.
Ce processus de réinstallation – qui a aussi permis d’exfiltrer des réfugiés de Libye – avait été initié fin août à Paris lors d’un sommet UE-Afrique. Les chefs d’Etat africains avaient alors insisté sur le fait que la question de l’immigration ne serait “résolue que par le développement”.
Ce déplacement intervient alors que M. Collomb a présenté un projet de loi controversé durcissant les conditions d’accueil des étrangers et l’octroi du droit d’asile. L’Assemblée doit prochainement se pencher sur le texte. Huit parlementaires seront d’ailleurs du voyage.
Le ministre de l’Intérieur ira également à Agadez, dans le centre du Niger, “longtemps point de passage principal des routes migratoires irrégulières vers la Libye”. Il y rencontrera la mission de police de l’UE “Eucap Sahel Niger” et l’Organisation internationale des migrations (OIM).

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