Posted On décembre 2, 2018 By In SLIDER With 465 Views

La coupe d’Afrique dérobée au Cameroun, la contestation prend de l’ampleur

Par surprise, la Confédération africaine de football (CAF), la plus haute autorité de football continentale, a annoncé que la finale de la prochaine Coupe d’Afrique ne se déroulera plus au Cameroun mais dans un autre pays à déterminer dans les prochains mois, vraisemblablement au Maroc.

Cette décision a été immédiatement contestée par le gouvernement du Cameroun, qui a publié aujourd’hui, une déclaration très critique du ministre de la Communication, Tchiroma Dakary, dans laquelle il dénonce la grave opération de harcèlement au détriment de son pays et , qui a réitéré, que le Cameroun s’opposera de toutes ses forces à cette décision en maintenant les activités comme si aucun changement n’était intervenu.

Le choix de la CAF est immédiatement apparu à tous les observateurs indépendants comme un choix déraisonnable, pour ne pas dire insensé, motivé de façon fallacieuse, par un prétendu retard dans les travaux de modernisation nécessaires à l’organisation de la manifestation. Un mensonge dit “spécieux””, démontré par les faits et surtout prouvé par les mots du même président de la CAF, Ahmad Ahmad, qui, il y a quelques semaines encore, avait assuré que tout allait dans la bonne direction et que l’organisation de la Coupe resterait à Yaoundé.

“Il n’y a pas de plan B – avait déclaré le président Ahmad – la coupe est et restera au Cameroun “. Les faits, également prouvés par divers contrôles techniques sur le site, montrent que le Cameroun est absolument prêt à respecter les délais d’exécution de tous les travaux planifiés. Des conditions qui, d’ailleurs, auraient été largement respectées en mars 2019 lorsque la réception et la vérification définitive des travaux étaient programmées.

En mars, rappelons nous, il resterait encore trois mois avant la manifestation. Au cours des mois précédents, des retards avaient effectivement eu lieu, ce qui a rapidement été mis en évidence par les différents inspecteurs à l’occasion des visites de contrôle. Puis, les retards ont été rattrapés et les délais de livraison de l’ouvrage, respectés. Tout semblait être rentré dans l’ordre, et, malgré les assurances du président Ahmad, la situation a évolué de manière inattendue, par l’annulation soudaine du Cameroun en 2019, accompagnée simultanément de la promesse de la CAF de rétablir l’organisation de la Coupe au Cameroun dans la prochaine édition, à savoir 2021.

Ces bizarreries, ces changements soudains qui ont conduit à l’annulation de l’événement, engendrent de nombreux clichés et des dommages économiques au Cameroun, qui , pendant des années, avait investi sur ce projet , avec une participation importante des entreprises locales,et mobilisé d’importantes quantités de capital et d’énergie. Mais, surtout, il y a le doute que derrière cette annulation ne se cachent d’autres intérêts à identifier. En fait, il est déjà connu qu’il y aura un autre appel d’offre très rapidement pour allouer le siège de la prochaine Coupe d’Afrique et que les candidats seront trois: l’Egypte, l’Afrique du Sud et le Maroc. Et il est également connu que le Maroc est le pays favori pour l’attribution finale. Ce n’est pas par hasard que plus d’un parti au Cameroun demande explicitement au Maroc, défini et considéré comme un pays ami, de prendre officiellement du recul en annonçant sa réticence à organiser la coupe des Nations africaines 2019,et, également, à dissiper tout soupçon sur l’existence de manœuvres obscures derrière a cette opération.

Dans un moment où tout le monde se tait encore, de la CAf au CIO, ( Comité International Olympique), ce qui actuellement est prééminent est la colère du Cameroun et sa détermination à aller au fond des choses afin de clarifier tous les aspects, même ceux qui, immédiatement, semblent les plus inquiétants. Le Président du Cameroun Paul Biya (dans la photo) et son gouvernement évaluent déjà les actions à entreprendre afin d’éviter que l’annulation soit définitive et de protéger les intérêts de l’État et des entreprises qui ont participé au défi Camerounais.

À ce stade, pour le bien du football, pour protéger l’image du sport africain et le mouvement olympique et pour éviter des tensions inutiles qui peuvent déstabiliser la situation intérieure du pays, il serait approprié pour la CAF de reconsidérer sa décision absurde. En même temps, comme nous l’avons dit, il serait effectivement utile que le Maroc clarifie sa position, au titre de la solidarité pan-africaine qui le caractérise, et déclare immédiatement qu’il n’accueillera pas un événement au détriment d’un pays ami et d’un peuple fraternel.

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