Posted On mars 14, 2018 By In Non classifié(e) With 134 Views

La traditionnelle “danse du bâton”, d’Egypte au Quai Branly

Paris, 14 mars 2018 (AFP)

Rompus à la traditionnelle danse du bâton, des artistes et jouteurs égyptiens virevoltent jusqu’à dimanche au Musée du Quai Branly, pour un spectacle de haute volée mêlant joutes, danse et musique.
Les jouteurs issus du Centre Medhat Fawzy de Mallawi, en Moyenne Egypte, présentent l’art du “tahtib”, pour la première fois en France dans une forme aussi aboutie.
Ce terme égyptien désigne le maniement d’un bâton (asaya) en bambou de 1,30 m de long. A l’origine, il s’agissait d’un art martial remontant à l’époque des Pharaons et qui s’est ensuite arabisé.
Les membres de la troupe, pour la plupart amateurs et ruraux, conçoivent cet art comme une tradition vivante.
Les numéros, exécutés par des hommes vêtus de la gallabeya (nom égyptien de la djelabbah) sont traditionnels, mais certaines passes peuvent prendre des formes plus modernes, apportées ici par Dalia El Abd, une danseuse et chorégraphe contemporaine.
“Ils sont dans une conception évolutive de la tradition, et pensent que c’est en la réinventant qu’une tradition reste vivante”, a dit à l’AFP Henri Jules Julien, le producteur du spectacle, baptisé “Dans le cercle des hommes du Nil”.
“C’est de la danse contemporaine!”, s’était exclamée Anne Teresa de Keersmaeker, lorsque la chorégraphe belge avait découvert cette troupe en Egypte il y a quelques années.
Plongée dans le noir, la scène s’éclaire petit à petit pour laisser apparaître dans une lumière tamisée les jouteurs, pour un numéro de bâtons exécuté au ralenti, une manière poétique de lancer ce spectacle bien rythmé.
Parmi les temps forts, une danse en cercle, bâtons levés, pour former comme une voûte qui évoque les mouvements tournoyants des derviches.
Le spectacle, exécuté avec une grâce parfois très féminine, est ponctué de morceaux de musique avec des joueurs de mizmar (instrument à vent de la famille du hautbois très répandu au Moyen-Orient et en Afrique du Nord), de crotales orientales et de derboukas.
Ces derniers s’illustrent par des numéros de percussions millimétrés et virtuoses.
Le bâton était une arme utilisée dans divers continents: jogo do pau au Portugal et en Galice, canne et bâton en France, bô-jutsu ou jô-jutsu au Japon, et Kali aux Philippines.

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