Posted On mai 17, 2017 By In Non classifié(e) With 121 Views

Les Etats-Unis opposés à la présence du président soudanais au sommet de Ryad

Khartoum, 17 mai 2017 (AFP)

Les Etats-Unis sont opposés à la présence du président soudanais, visé par un mandat d’arrêt international pour génocide, au sommet des dirigeants arabes et musulmans à Ryad auquel Donald Trump assistera dimanche.
Le ministre des Affaires étrangères soudanais a indiqué mercredi qu’Omar el-Béchir se rendrait bien dans la capitale saoudienne, première étape de la première tournée à l’étranger du président américain depuis son entrée en fonction en janvier.
“Nous nous réjouissons de la normalisation de nos relations avec les Etats-Unis”, a ajouté Ibrahim Ghandour devant des journalistes à Genève (Suisse).
L’ambassade américaine à Khartoum a toutefois précisé que la position des Etats-Unis sur le sujet était “claire”.
“Nous sommes opposés à l’invitation ou la facilitation du voyage de toute personne visée par des mandats d’arrêt de la Cour pénale internationale, y compris le président Béchir”, a indiqué l’ambassade dans un communiqué.
M. Trump est attendu samedi à Ryad, où il doit prononcer le lendemain un discours sur “une vision pacifique” de l’islam.
Interrogé à Genève sur une éventuelle poignée de mains entre les présidents Trump et Béchir, le chef de la diplomatie soudanaise a indiqué qu’il n’était pas possible de prédire les choses à l’avance.
Omar el-Béchir, au pouvoir depuis 1989 au Soudan, est sous le coup de deux mandats d’arrêt émis en 2009 et 2010 par la Cour pénale internationale (CPI) pour génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis au Darfour.
Cette province de l’ouest du Soudan est en proie depuis près de quinze ans à un conflit qui a fait plus de 300.000 morts, selon l’ONU.
Le dirigeant soudanais nie fermement ces accusations.
– Levée des sanctions –
M. Béchir se rend fréquemment en Arabie saoudite, d’autant que son pays est l’un des principaux membres d’une coalition militaire arabe sous commandement saoudien impliquée dans la guerre au Yémen.
Le royaume saoudien n’est pas un Etat partie au Statut de Rome, traité fondateur de la CPI, contrairement à l’Afrique du Sud où M. Béchir s’était rendu en 2015 pour un sommet de l’Union africaine et où il n’avait pas été inquiété.
Le mois dernier, l’Afrique du Sud avait affirmé devant la CPI n’avoir violé aucune loi ni règle en refusant d’arrêter M. Béchir.
Les relations entre les Etats-Unis et le Soudan, deux Etats qui ont signé le Statut de Rome mais ne l’ont pas ratifié, se sont améliorées depuis la levée de certaines sanctions économiques américaines contre ce pays, décidées par Barack Obama peu avant la fin de son dernier mandat.
M. Obama avait souligné en particulier la coopération de Khartoum avec Washington pour “répondre aux conflits régionaux et à la menace du terrorisme”.
Washington a toutefois maintenu le Soudan sur la liste des “Etats soutenant le terrorisme”.
Et peu après son entrée en fonctions, le président Donald Trump a signé un décret -actuellement bloqué par la justice- visant à fermer temporairement les frontières aux ressortissants de six pays majoritairement musulmans, dont le Soudan.
Khartoum avait exprimé son mécontentement mais avait assuré que le Soudan travaillerait à renforcer ses liens bilatéraux avec Washington, notamment dans le domaine de “la lutte contre le terrorisme” dans la région et au niveau international.

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