Posted On janvier 30, 2017 By In Non classifié(e) With 42 Views

L’UA, divisée, élit son exécutif et se penche sur le retour du Maroc

Addis Abeba, 30 jan 2017 (AFP)

Les dirigeants africains ont désigné lundi le nouveau chef de leur exécutif, le Tchadien Moussa Faki Mahama, avant d’aborder l’épineuse question de la réintégration du Maroc, au cours d’un sommet à Addis Abeba.
Les récentes mesures anti-immigration du président américain Donald Trump ont également fait des remous parmi les participants.
Signe des rivalités régionales qui animent toujours l’organisation continentale, il aura fallu aux chefs d’Etat pas moins de sept tours de scrutin pour élire le ministre tchadien des Affaires étrangères Moussa Faki Mahamat à la tête de la commission, le bras exécutif de l’UA.
Également ancien Premier ministre de son pays, M. Moussa Faki est élu pour un mandat de quatre ans et succède à la Sud-africaine Nkosazana Dlamini-Zuma, saluée pour avoir mis la question des droits des femmes au coeur des préoccupation de l’UA, mais critiquée pour son bilan en terme de paix et sécurité.
Quant au président tchadien Idriss Déby Itno, il est ainsi parvenu à placer un homme de confiance à la tête de l’exécutif continental, le jour même où il a cédé la présidence tournante de l’UA, qu’il occupait depuis un an, à son homologue guinéen Alpha Condé.
A l’ouverture du sommet, le nouveau secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres avait salué le partenariat entre l’ONU et l’UA et mis en garde contre la multiplication des fermetures de frontières dans le monde, louant sur ce point le contre-exemple africain.
“Les frontières africaines demeurent ouvertes pour ceux qui ont besoin de protection quand de nombreuses frontières se ferment, y compris dans les pays les plus développés du monde”, a déclaré M. Guterres.
Ce 28e sommet de l’UA est le premier organisé depuis l’accession de Donald Trump à la Maison Blanche, porteuse pour le continent de nombreuses incertitudes dont s’est fait l’écho la présidente sortante de la commission de l’UA, Nkosazana Dlamini-Zuma.
“Il est clair qu’au niveau mondial, nous entrons dans une période de turbulences. Par exemple, le pays même où nos peuples ont été emmenés comme esclaves a décidé d’interdire les réfugiés (originaires) de certains de nos pays”, a déclaré Mme Zuma.
M. Trump a signé vendredi un décret interdisant pendant trois mois l’entrée aux Etats-Unis de ressortissants de sept pays musulmans dont trois africains – Irak, Iran, Libye, Somalie, Soudan, Syrie et Yémen -, provoquant un tollé international.
“Qu’allons-nous faire à ce sujet ? Assurément, c’est là un des plus grands défis et un des plus grands tests pour notre unité et notre solidarité”, a ajouté Mme Zuma.
– Le Maroc divise –
Reste à présent aux dirigeants à se pencher sur la demande de réintégration du Maroc, qui suscite de profondes divisions.
Le royaume chérifien avait quitté l’UA en 1984 pour protester contre l’admission de la République arabe sahraouie démocratique proclamée par le Front Polisario au Sahara occidental, un territoire que Rabat considère comme sien.
Mais le Maroc a annoncé en juillet sa volonté de réintégrer l’organisation et le roi Mohammed VI, présent à Addis Abeba, a multiplié ces derniers mois les visites officielles pour rallier les soutiens.
Le dossier marocain demeure toutefois clivant et, si un diplomate marocain affirmait dimanche que son pays pouvait compter sur le “soutien inconditionnel” de 42 Etats membres (sur 54), les opposants au retour du Maroc n’en restent pas moins actifs et ont notamment engagé une bataille juridique.
Ainsi, 12 pays dont plusieurs poids-lourds du continent comme le Nigeria, l’Algérie, l’Afrique du Sud, le Kenya ou l’Angola ont sollicité un avis formel auprès de l’organe juridique de l’UA pour savoir si l’organisation pouvait accepter un pays “qui occupe une partie du territoire d’un État membre”, à savoir le Sahara occidental.
Dans sa réponse de 10 pages, le conseil juridique de l’UA conclut que les interrogations des 12 pays “soulèvent des questions fondamentales” mais que la décision finale revient aux chefs d’État.
Difficile, étant l’agenda chargé du sommet, de savoir si ses participants auront vraiment le temps d’ici mardi d’aborder les crises qui affectent le continent: impasse diplomatique au Soudan du Sud, chaos en Libye, exactions des groupes jihadistes au Mali, en Somalie et au Nigeria et tensions politiques en République démocratique du Congo.
A l’ouverture du sommet, le rôle décisif de la Communauté des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) dans la résolution de la récente crise politique en Gambie a longuement été applaudi par l’assemblée.

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