Posted On janvier 30, 2017 By In Non classifié(e) With 113 Views

L’UA se penche lundi sur la réintégration du Maroc

Addis Abeba, 30 jan 2017 (AFP)

Le sommet de l’Union africaine (UA) qui s’ouvre lundi à Addis Abeba s’annonce comme l’un des plus importants de ces dernières années, avec la demande de réintégration du Maroc, l’élection d’un nouvel exécutif et l’examen des crises qui affectent le continent.
Ce 28e sommet de l’UA pourrait s’avérer déterminant pour l’avenir de l’organisation et pour sa cohésion. Traversé par des lignes de fracture profondes sur le dossier marocain, sur la Cour pénale internationale (CPI) ou tiraillé par les traditionnelles rivalités entre blocs régionaux, le continent aborde le rendez-vous en ordre dispersé.
Le tout dans un environnement international remodelé avec l’accession de Donald Trump à la Maison Blanche, et dans une moindre mesure la récente prise de fonctions du nouveau secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, qui prononcera un discours lundi à l’ouverture du sommet.
Dimanche à Addis Abeba, lors d’une rencontre consacrée à la situation humanitaire en Ethiopie, M. Guterres a salué la générosité de l’Ethiopie qui, confrontée à la pire sécheresse de ces 50 dernières années, a continué à accueillir des réfugiés des pays voisins en crise.
C’est “un exemple qui, je dirais, devrait faire réfléchir dans un monde où malheureusement tant de frontières se ferment”, a-t-il déclaré, dans une allusion à peine voilée au décret anti-immigration controversé du président Donald Trump interdisant l’entrée aux Etats-Unis de ressortissants de sept pays majoritairement musulmans, dont trois pays africains, afin d’éviter l’entrée sur le territoire américain de “terroristes islamiques radicaux”.
Outre cette véritable première prise de contact entre M. Guterres et l’Union africaine, l’éventuelle réintégration du Maroc devrait dominer les débats lundi.
Le royaume chérifien avait quitté l’UA en 1984 pour protester contre l’admission de la République arabe sahraouie démocratique proclamée par le Front Polisario au Sahara occidental, un territoire que Rabat considère comme sien.
Mais le Maroc a annoncé en juillet sa volonté de réintégrer l’organisation et le roi Mohammed VI, qui a annoncé sa présence à Addis Abeba, a enchaîné depuis les visites officielles pour rallier les soutiens.
D’autre part, le retour du Maroc pourrait être une aubaine pour l’UA, qui ambitionne de devenir financièrement indépendante mais a perdu en la personne du défunt dictateur libyen Mouammar Kadhafi un généreux bienfaiteur. L’UA est actuellement financée à 70% par des donateurs étrangers.
Le dossier marocain demeure toutefois clivant: l’Algérie et l’Afrique du Sud, deux poids lourds du continent, soutiennent de longue date la lutte du Front Polisario qui réclame l’indépendance du Sahara occidental, et demeurent opposés ou réticents au retour du Maroc au sein de l’UA.
– La bataille de l’exécutif –
Autre dossier potentiellement épineux: les chefs d’Etat doivent élire la nouvelle Commission, l’exécutif de l’UA. Reportée lors du dernier sommet en juillet, l’élection du successeur de la Sud-Africaine Nkosazana Dlamini-Zuma à la tête de la Commission opposera cinq candidats.
Mais au terme d’intenses tractations diplomatiques et d’un débat inédit réunissant les cinq prétendants, trois d’entre eux se détachent: la ministre kényane des Affaires étrangères, Amina Mohamed, l’ancien Premier ministre tchadien Moussa Faki Mahamat, et un diplomate sénégalais, Abdoulaye Bathily.
L’hostilité de certains pays africains vis-à-vis de la CPI pourrait également susciter de nouveaux débats animés. Le Burundi, l’Afrique du Sud et la Gambie ont décidé en 2016 de quitter la Cour, l’accusant de ne viser que des pays africains.
Le Kenya, très en pointe dans ce combat, a menacé de leur emboîter le pas tandis que le Sénégal et le Botswana, entre autres, soutiennent ouvertement la CPI.
Par ailleurs, le sommet se penchera sur les crises du continent: impasse diplomatique au Soudan du Sud, théâtre d’une recrudescence de violences ethniques, chaos en Libye, exactions des groupes jihadistes au Mali, en Somalie et au Nigeria et tensions politiques en République démocratique du Congo.
Les chefs d’Etat africains devront également se prononcer sur les pistes de réforme du fonctionnement et du financement de l’UA, proposées par le président rwandais Paul Kagame.

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