Posted On février 3, 2017 By In Non classifié(e) With 66 Views

Lutte antiterroriste: l’ONU “préoccupée” par les conditions de détention en Tunisie

Tunis, 3 fév 2017 (AFP)

Le rapporteur de l’ONU sur les droits de l’Homme et la lutte contre le terrorisme, Ben Emmerson, s’est dit vendredi “préoccupé” par les conditions de détention dans une prison de Tunisie, au terme d’une mission dans le pays.
M. Emmerson a bouclé une visite de cinq jours –la première pour un tel rapporteur onusien depuis 2011–, lors de laquelle il s’est entretenu avec plusieurs ministres (Justice, Défense) et responsables tunisiens ainsi qu’avec des représentants de la société civile.
Si la Tunisie a réalisé des progrès notables en matière de respect des droits de l’Homme depuis la chute de la dictature de Zine el Abidine Ben Ali en 2011, le rapporteur de l’ONU devait en particulier évaluer les conséquences de la lutte antiterroriste dans ce domaine.
Au titre de ses premières observations, Ben Emmerson s’est ainsi dit, devant la presse, “particulièrement préoccupé par les conditions de détention (…) à la prison de Mornaguia, nettement inférieures aux normes internationales de base”.
Alors que la surpopulation carcérale est souvent présentée par des ONG comme un motif d’inquiétude dans la lutte contre la radicalisation, il a décrit une prison “à 150% au-delà de ses capacités” avec des détenus qui s’entassent dans des cellules “sans infrastructures, notamment sanitaires, adéquates”.
“Ces conditions sont non seulement un fardeau intolérable pour les gardiens mais elles violent de manière systématique les droits des détenus”, tout particulièrement dans le cas des personnes soupçonnées de “terrorisme”, a-t-il indiqué.
Ben Emmerson, qui présentera un rapport complet au conseil des droits de l’Homme en mars 2018, a indiqué avoir recommandé une plus grande “vigilance” vis-à-vis de possibles cas “de torture et mauvais traitements”.
Il a également “recommandé” aux autorités tunisiennes de revoir la loi antiterroriste de 2015 qui permet de prolonger les gardes à vue jusqu’à 15 jours et autorise l’absence d’un avocat durant les 48 premières heures.
Ces exceptions avaient déjà fait l’objet de vives critiques la veille lors de la présentation d’un rapport d’ONG sur le “procès équitable à l’épreuve de la lutte” antiterroriste.
Ces ONG ont aussi exhorté le Parlement à amender la législation actuelle, adoptée en 2015 dans le sillage des attaques jihadistes contre le musée du Bardo et à Sousse (60 morts).
L’an dernier, un groupe d’experts de l’ONU avait jugé que la Tunisie était “sur la bonne voie” en matière de lutte contre la torture, tout en déplorant la persistance de cas.
Il avait insisté sur la nécessité de rendre “opérationnelle” l’instance de prévention prévue par un protocole international signé dès 2011 par le pays.

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