Posted On février 25, 2017 By In Non classifié(e) With 41 Views

Ouagadou vit à l’heure du Fespaco

Ouagadougou, 25 fév 2017 (AFP)

Ouagadougou, la capitale burkinabè, s’est mise à l’heure du 25e Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco), la fête du 7e art africain, qui s’ouvre samedi en fin de journée avec une grande cérémonie où sont attendus des milliers de spectateurs.
Quelque 164 films de tous formats sont en compétition, dont 20 longs métrages, pour la récompense suprême, l’Etalon d’or de Yennenga. Une cinquantaine de films seront aussi présentés hors compétition.
Affiches du festival, vendeurs ambulants, petits marchés, salles de cinéma parfois improvisées mais aussi un important dispositif policier et militaire pour parer à un éventuel attentat jihadiste, un an après l’attaque de janvier 2106 qui a fait 33 morts: la capitale est prête pour les huit jours de projection qui attire des professionnels de tout le continent.
Réalisateurs, acteurs, scénaristes, producteurs ont commencé à faire la queue pour retirer leur précieux sésame.
“En tant que comédienne, c’est important pour moi d’être au Fespaco”, assure à l’AFP l’actrice malienne Maïmouna Helène Diarra, qui a tourné avec les grands metteurs en scène africains, du Sénégalais Ousmane Sembène (Mooladé) au malien Cheikh Oumar Cissoko (Genèse) ou au Mauritanien Abderrhamane Cissako (Bamako),
“Tout le monde est là. C’est bien pour trouver du travail. On ne peut pas rester chez soi et être connue dans le monde entier”, plaisante-t-elle après avoir retiré son accréditation au siège du Fespaco.
Autour du siège et sur la place de la Nation, au centre de la capitale, des marchés se sont mis en place.
“Je viens à tous les Fespaco pour vendre mes produits en argile (poteries, calebasses, poêlons). On attend les clients. En général ça marche bien”, raconte Bintou Sanou, 50 ans, venue de Bobo Dioulasso, 2e ville du pays, située 400 km à l’ouest de Ouagadougou, qui dit être venue enfant dès la création du festival en 1969.
– Alpha Blondy et la Côte d’Ivoire –
Elle regrette toutefois de ne pas pouvoir aller voir les films: “Si on nous invite on vient mais nous sommes des +gaous+ (considérées comme des villageois). On vient pour travailler”.
Comme à chaque édition, les organisateurs doivent faire preuve de trésors d’imagination pour assurer les projections et animations en dehors de la salle principale du Fespaco (1.200 places) et des six autres salles retenues, mais aussi dans des cinémas ambulants dans les quartiers, la galerie marchande, les écoles, les villages voisins de Ouagadougou…
L’événement est une des rares manifestations qui contribue au rayonnement mondial de ce pays sahélien très pauvre.
Outre les 1,2 milliard de francs CFA (2 millions d’euros) de budget financé par l’Etat, le gouvernement a assuré qu’un effort particulier était fait sur la sécurité, sans vouloir divulguer les effectifs de forces de l’ordre déployées.
“Toutes les dispositions ont été prises pour la sécurité des festivaliers même si le risque zéro n’existe pas”, explique le commissaire Paul Sondo, responsable de la sécurité.
Les vingt longs métrages en lice pour succéder à “Fièvres” du Marocain Hicham Ayouch sont issus de quatorze pays d’Afrique et de la Guadeloupe (Antilles françaises). L’Afrique de l’Ouest, avec sept pays et dix films, est la plus représentée.
Le réalisateur et dirigeant du 7e art marocain Nour-Eddine Saïl présidera le jury dans lequel siégeront de grands noms du cinéma et de la littérature d’Afrique et de la diaspora.
En marge du Fespaco se tiendra la 18e Mica, la bourse de programmes audiovisuels africains et sur l’Afrique. Une centaine de films devraient attirer producteurs, distributeurs, diffuseurs et porteurs de projets.
Le chanteur de reggae ivoirien Alpha Blondy sera la grande attraction de la cérémonie d’ouverture au stade municipal. La Côte d’Ivoire, pays voisin qui accueille la plus grande communauté burkinabè à l’étranger, est cette année le pays invité d’honneur (après le Gabon en 2015), profitant de la normalisation de relations qui s’étaient tendues après le renversement du président Blaise Compaoré fin octobre 2014.

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