Posted On June 6, 2016 By In Non classifié(e) With 31 Views

Putsch manqué: le Burkina s’en remet à la Côte d’Ivoire pour poursuivre Guillaume Soro

Abidjan, 6 juin 2016 (AFP) –

La justice du Burkina Faso a annoncé lundi qu’elle renonçait à son mandat d’arrêt contre le président de l’Assemblée nationale ivoirienne Guillaume Soro pour son implication présumée dans le coup d’Etat manqué de septembre 2015, mais a demandé à la Côte d’Ivoire de le poursuivre dans le cadre d’une autre procédure dite de “dénonciation”.
“En ce qui concerne M. Guillaume Soro (…), le parquet (du tribunal militaire) a opté pour la procédure de dénonciation (et) comme nous avons dénoncé les faits (…) nous n’avons plus compétence d’émettre un mandat d’arrêt contre M. Guillaume Soro”, a déclaré le commissaire du gouvernement, le commandant Alioune Zanré, lors d’une conférence de presse.
Selon M. Zanré, le Burkina Faso rencontre des difficultés pour faire appliquer le mandat d’arrêt contre l’ex-chef de la rébellion ivoirienne à cause du “principe selon lequel aucun Etat n’extrade son national”.
En outre, selon les “conventions multilatérales et bilatérales qui lient le Burkina aux autres organisations et pays (…) l’extradition n’est pas possible en matière d’infraction politique” et “en matière d’infractions militaires”, a indiqué M. Zanré.
Par ailleurs, selon M. Zanré, Interpol a fait savoir “qu’il n’exécute pas les mandats concernant les infractions politiques ou de juridictions d’exception comme celui du tribunal militaire”, a-t-il rapporté.
“Face à ces obstacles, que pouvons-nous faire, si ce n’est changer de fusil d’épaule?”, a-t-il lâché.
Ce dossier empoisonne les relations entre les diplomaties ivoirienne et burkinabè depuis des mois.
La justice burkinabè veut pousser plus loin son enquête sur l’enregistrement d’une conversation téléphonique supposée entre Djibrill Bassolé, ex-ministre des Affaires étrangères du Burkina, et Guillaume Soro, et dans laquelle les deux interlocuteurs parlent du putsch en cours.
Djibrill Bassolé, homme clé du régime de Blaise Compaoré, et Guillaume Soro, ancien chef de la rébellion ivoirienne (2002-2010), ont tous les deux nié avoir eu cette conversation, dénonçant une “manipulation”.
La justice militaire burkinabè avait émis le 8 janvier un mandat d’arrêt contre Guillaume Soro pour son implication présumée dans le coup d’Etat manqué contre le gouvernement de transition burkinabè en septembre 2015.
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