Posted On mars 1, 2017 By In Non classifié(e) With 47 Views

RDC: retour à Kinshasa de la dépouille de Tshisekedi prévu le 11 mars

Kinshasa, 1 mars 2017 (AFP)

La dépouille de l’opposant historique congolais Étienne Tshisekedi, décédé le 1er février à Bruxelles, devrait être transportée le 11 mars en République démocratique du Congo, après un mois de tergiversations.
Son décès, puis les tergiversations, ont bloqué l’application de l’accord de cogestion conclu le 31 décembre sous l’égide de l’épiscopat de la RDC entre le pouvoir et l’opposition après le maintien au pouvoir de Joseph Kabila, à qui la Constitution interdit de se représenter.
Président de l’UDPS et du “Rassemblement” d’opposition constitué autour de sa personne, M. Tshisekedi avait quitté la RDC pour suivre des soins médicaux en Belgique après avoir été désigné président du Conseil national de suivi de l’accord (CNSA), l’organe chargé du suivi dudit accord.
Ce compromis vise à faire sortir la RDC de la crise née du maintien au pouvoir de M. Kabila dont le mandat a échu le 20 décembre dans un climat de violence ayant fait au moins 40 mort, selon l’ONU.
L’UDPS “a pris acte de la décision de la famille” de M. Tshisekedi de rapatrier son corps le 11 mars 2017, selon son porte-parole Augustin Kabuya.
Mais dès mercredi après-midi, devant le siège de l’UDPS, de jeunes militants ont brûlé des pneus, scandé des slogans hostiles au président Joseph Kabila et à la famille Tshisekedi qu’ils accusent d’être de connivence avec le pouvoir, a constaté un journaliste de l’AFP.
Les manifestants ont demandé à Félix Tshisekedi, le fils du vieil opposant, d’annuler ce programme de rapatriement de la dépouille avant la conclusion de l’accord politique, en menaçant de perturber les funérailles.
“Le rapatriement de la dépouille n’est pas une urgence”, a vociféré Mfumu Sabata, un militant radical, “c’est l’application de l’accord qui garantira des obsèques apaisées”.
“Il s’agit d’une date (le 11 mars) à titre indicatif”, avait indiqué auparavant le ministre de l’Intérieur provincial de Kinshasa, Emmanuel Akweti. Selon lui, il appartient au “constructeur du site” d’enterrement de communiquer la date de la fin des travaux aux autorités de la ville et à la famille en vue de la détermination de la date définitive de mise à terre.
Mardi, la télévision publique a montré le gouverneur de la capitale congolaise effectuant une visite d’inspection des travaux de construction du lieu où sera enterré l’opposant dans un cimetière désaffecté du quartier huppé de Gombe, promettant que les travaux vont “s’achever dans 15 jours”.
Mercredi à la mi-journée, un photographe de l’AFP à qui l’accès au site a été interdit, a constaté que les travaux étaient encore à l’étape d’abattage des arbres.
– Leadership contesté –
Emblématique et populaire, M. Tshisekedi est entré en dissidence contre le régime de Mobutu en 1980, avant de s’opposer à ses successeurs, Laurent-Désiré Kabila (1997-2001), puis son fils Joseph Kabila.
Depuis son décès, les discussions sur l’application de l’accord du 31 décembre sur la mise en place d’un mécanisme de cogestion du pays avant une éventuelle élection présidentielle sont au point mort.
Le “Rassemblement” avait exigé la nomination d’un nouveau Premier ministre et l’investiture de son gouvernement avant le rapatriement de la dépouille, tandis que la majorité a conditionné la reprise des négociations sur l’application de l’accord de cogestion à l’organisation préalable de “funérailles dignes” pour M. Tshisekedi.
M. Kabila, par l’intermédiaire des évêques catholiques, a demandé au “Rassemblement” de choisir un remplaçant à M. Tshisekedi. Ce dernier devrait lui présenter ensuite trois candidats pour le poste de Premier ministre, mais le fils de l’opposant défunt Félix Tshisekedi est déjà présenté par certains comme le candidat naturel à la Primature.
Le leadership de Félix Tshisekedi est déjà boudé par “des héritiers idéologiques” au sein de l’UDPS. Et au Rassemblement, coalition hétéroclite dont Tshisekedi constituait le dénominateur commun, les opposants sont “incapables” de s’accorder sur un nouveau meneur.
Lundi, les évêques ont invité pouvoir et opposition à “ne pas bloquer” le processus “par des manoeuvres dilatoires et par des intransigeances irréalistes”.
“Les politiques de tous bords ne sont pas prêts pour aller aux élections”, estime Philémon Mwamba, professeur des Sciences politiques à l’Université de Kinshasa, ajoutant que “tant que la rue ne les poussera pas, on pourra rester là pendant quelques années”.

Tags : , , ,