Posted On novembre 8, 2016 By In PAYS, Photo galerie, République démocratique du Congo, VIDÈO&PHOTO With 63 Views

RDC: une fillette tuée, 34 blessés dans une explosion à Goma

Goma (RD Congo) (AFP)


Un attentat contre des Casques bleus du contingent indien de la Mission de l’ONU en République démocratique du Congo a tué une fillette et blessé 32 soldats de la paix et deux civils mardi à Goma, dans l’est de ce pays.
L’explosion a eu lieu peu avant 6h30 heure locale (4h30 GMT) à Kyeshero, quartier ouest de la capitale du Nord-Kivu, selon des témoins.
“Un engin explosif a éclaté (…) au moment où des Casques bleus du bataillon indien (…) faisaient leur sport matinal”, écrit la Mission de l’ONU pour la stabilisation de la RDC (Monusco) dans un communiqué.
“L’explosion a provoqué la mort d’un enfant et fait plusieurs blessés dont deux civils et 32 Casques bleus parmi lesquels cinq blessés graves”, ajoute le texte. Selon des témoins, l’enfant tué était une fillette d’environ sept ans qui se rendait à l’école.
Selon une source de la Monusco ayant requis l’anonymat, “l’attaque visait délibérément les Casques bleus au moment où ils étaient sans armes”.
Selon les premiers éléments de l’enquête, “l’engin explosif, caché dans un bidon, a été actionné à distance”, a-t-on ajouté de même source.
Sur les lieux du drame, des enfants ont montré à une équipe de journalistes de l’AFP une dizaine de boulons tordus et de petites billes de métal ramassés sur place. Plusieurs heures après l’explosion, une flaque de sang finissait de sécher sur la route en terre noire.
Ndeko Bofole, un riverain, dit être accouru peu après l’explosion et avoir vu un militaire indien “amputé d’une jambe”. “Les autres étaient blessés aux bras, au cou, comme si des couteaux avaient percé leurs corps”, a-t-il ajouté.
Santas Accenti Foruguta, gardien du chantier de la cathédrale catholique en construction à quelques mètres du lieu de l’attentat, dit avoir fui au bruit de l’explosion alors qu’il se trouvait derrière la palissade du chantier.
Revenu peu après, il dit avoir vu des Casques bleus indiens “charger des blessés en tenue de sport dans leurs véhicules avant de repartir”, laissant sur place le cadavre de la fillette.
– Monusco ‘déterminée’ –
Selon M. Accenti, des morceaux de métal jonchaient le sol dans un rayon de dix mètres autour de l’explosion et la plupart ont été ramassés par la Monusco et la police congolaise pour des besoins d’enquête.
Celle-ci devra déterminer les mobiles de cet acte, qui marque un précédent pour les soldats de la paix à Goma et survient dans un moment de tensions politiques intérieures et diplomatiques en l’absence d’élection avant la fin du mandat du président Joseph Kabila, en décembre, à qui la Constitution interdit de se représenter.
Le porte-parole du secrétaire général de l’ONU a indiqué que Ban Ki-moon condamnait cet attentat et appelait “à une action rapide pour que les auteurs de cette attaque soient traduits en justice”.
Dans un communiqué, le chef de la Monusco, Maman Sidikou, assure que la Mission “reste plus que jamais déterminée à poursuivre sa mission de protection des civils conformément à son mandat en appui aux efforts du gouvernement” congolais.
Plus grosse mission de maintien de la paix de l’ONU dans le monde, la Monusco est présente depuis 1999 en RDC, où elle déploie plus de 18.600 soldats et policiers, avec un mandat de protection des civils qui a été considérablement renforcé au fil des années.
Depuis 2013, les Casques bleus ont pour mission de neutraliser les différents groupes armés nationaux et étrangers qui sévissent dans l’est de la RDC et sont autorisés à recourir à la force de manière offensive.
La Monusco a ainsi soutenu l’offensive victorieuse menée en octobre-novembre 2013 par l’armée congolaise contre le Mouvement du 23 Mars (M23), dernier avatar des rébellions congolaises à dominante tutsi soutenues par le Rwanda et l’Ouganda.
Mais depuis lors, des tensions avec le gouvernement de Kinshasa entravent la coopération militaire entre l’ONU et l’armée congolaise. Et l’est du Congo (en particulier les provinces du Nord et du Sud-Kivu), où sévissent encore plusieurs dizaines de milices, reste déchiré par la violences des conflits armés, comme depuis plus de vingt ans.

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