Posted On octobre 18, 2017 By In Algérie, PAYS, Photo galerie, SLIDER, VIDÈO&PHOTO With 190 Views

Sahara: le nouvel émissaire de l’ONU attendu dans les camps de Tindouf

Tindouf (Algérie) (AFP)

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Le nouvel envoyé spécial de l’ONU pour le Sahara occidental, Horst Koehler, pour la première fois dans la région depuis sa nomination, est attendu mercredi à Tindouf, dans l’ouest de l’Algérie, où vivent plus de 100.000 réfugiés sahraouis.
M. Koehler, chargé de relancer les négociations entre Rabat et les indépendantistes du Front Polisario, a entamé sa tournée lundi au Maroc, qui contrôle depuis 1975 une grande partie de cette ex-colonie espagnole.
Dans le cadre de ce séjour, effectué dans une grande discrétion, l’ex-président allemand nommé en août par le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, a rencontré mardi le roi Mohammed VI, mais rien n’a filtré de leurs entretiens.
Soutenu par l’Algérie, le Polisario a proclamé en 1976 une République arabe sahraouie démocratique (RASD) et réclame un référendum d’autodétermination. Depuis 2007, Rabat propose comme solution de “compromis” une autonomie sous sa souveraineté, ce que refuse le Polisario.
“La +qualité+ de son accueil (à Rabat), avec un blackout médiatique, est une preuve que le Maroc campe sur ses positions et sera un obstacle aux efforts” de M. Koehler, a affirmé mardi soir à Tindouf (1.800 km au sud-ouest d’Alger), Ahmed Boukhari, représentant du Polisario auprès de l’ONU.
Selon M. Boukhari, le mandat de Horst Koehler va être entravé “premièrement par le manque de volonté politique de la part du royaume marocain et sa tentative” de maintenir “le statu quo”.
“Le deuxième obstacle, a poursuivi le dirigeant sahraoui, est la position au sein du Conseil de sécurité” de l’ONU de la France, dont le “soutien” au Maroc pousse, selon lui, Rabat à “l’intransigeance”.
A Tindouf, situé à 1.800 km d’Alger, près de la frontière avec la partie du Sahara contrôlée par le Polisario, M. Koehler visitera plusieurs camps, où vivent entre 100.000 et 200.000 réfugiés sahraouis,les chiffres variant selon les sources en l’absence de tout recensement officiel.
Il y rencontrera la population et la société civile, avant des entretiens avec les dirigeants du Polisario au camp de Rabouni, siège de l’administration de la RASD, selon le programme officiel communiqué à la presse par l’ambassade sahraouie à Alger.
– ‘Nouvelle dynamique’? –
M. Koehler doit se rendre dans les jours suivants à Alger et Nouakchott, mais son programme détaillé n’a pas été publié.
Vaste étendue désertique de 266.000 km2, bordant la côte Atlantique au nord de la Mauritanie, le Sahara occidental est le seul territoire du continent africain dont le statut post-colonial n’a pas été réglé.
Ce conflit empoisonne depuis des décennies les relations entre Alger et Rabat et entrave plus largement la coopération maghrébine.
Les autorités marocaines ont érigé dans les années 1980 un “mur de défense”, long de 2.700 km, qui coupe l’ex-colonie du nord au sud, séparant les territoires sous contrôle marocains de ceux (environ 20%) contrôlés par le Front Polisario.
Un cessez-le-feu a été signé en 1991 entre le Polisario et Rabat, mais le référendum d’autodétermination prévu par l’ONU est sans cesse repoussé depuis 1992 en raison de désaccords sur le corps électoral.
Après des années d’impasse, M. Guterres a affirmé en avril vouloir impulser une “nouvelle dynamique” autour de ce conflit.
Dans la foulée, le Conseil de sécurité a adopté une résolution de soutien à une reprise des négociations et prolongé jusqu’à la fin avril 2018 le mandat des casques bleus de la Minurso, notamment chargés de surveiller le cessez-le-feu signé en 1991.
Le prédécesseur de Horst Koehler, le diplomate américain Christopher Ross, était très critiqué par le Maroc, qui mettait en cause son impartialité. Il a démissionné de son poste d’émissaire onusien en mai dernier, après huit ans d’efforts infructueux.

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