Posted On janvier 26, 2017 By In Non classifié(e) With 65 Views

Tunisie: le syndicat UGTT tourne une page avec l’élection d’un nouveau chef

Gammarth (Tunisie), 26 jan 2017 (AFP)

Le puissant syndicat tunisien UGTT a tourné une page jeudi avec l’élection d’un nouveau secrétaire général, Noureddine Taboubi, en remplacement de Houcine Abassi, qui aura dirigé la centrale durant la période post-révolution, avec un prix Nobel de la paix à la clé.
Cette succession était prévue: élu au bureau exécutif en 2006 puis à la tête de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) fin 2011, Abassi, 69 ans, ne pouvait se représenter.
Débuté peu après la chute de la dictature de Ben Ali, le mandat de cet ancien instituteur aura été marqué par le renforcement du rôle politique de l’UGTT.
Fondé en 1946 par le leader nationaliste Farhat Hached, la centrale, forte de plus de 500.000 adhérents, a toujours eu un tel rôle.
Mais, en 2013, elle a fortement contribué au sauvetage de la transition démocratique au sein d’un “dialogue national” mené par quatre organisations de la société civile. Ce quartette a été récompensé fin 2015 par le prix Nobel de la paix.
Débuté dans la nuit de mercredi à jeudi, au terme du 23e congrès, le vote des plus de 550 congressistes s’est poursuivi une partie de la journée. Il a donné lieu à l’élection des 13 membres du bureau exécutif –tous issus de la liste Taboubi–, parmi lesquels figure pour la première fois une femme, Naïma Hammami.
Un nouvel article stipule en outre qu’au moins deux femmes devront siéger dans chaque structure de l’UGTT.
La désignation de Noureddine Taboubi, 67 ans, jusque-là secrétaire-adjoint en charge du règlement intérieur, a ensuite été confirmée dans un communiqué.
Réputé pour son sérieux et ses bonnes relations avec les diverses tendances, M. Taboubi a fait l’objet d’un consensus.
Cette nouvelle direction disposera d’un “net soutien pour mener des changements” en interne, a affirmé à l’AFP le politologue Slaheddine Jourchi.
Les positions du syndicat seront scrutées de près, alors que la Tunisie reste marquée par d’importantes tensions sociales, six ans après la révolution.
Face aux difficultés financières, le gouvernement est fortement incité par les institutions internationales à mettre en oeuvre une série de réformes, en échange notamment du nouveau plan d’aide de 2,6 milliards d’euros sur quatre ans octroyé par le FMI.
“Nous n’avons aucune inimitié envers le gouvernement, quel qu’il soit. Nous n’avons aucune amitié non plus”, a assuré M. Abassi dans son dernier discours de secrétaire général.
Avant l’ouverture du congrès, il avait appelé son successeur à “poursuivre sur le même chemin du militantisme”.

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