Posted On novembre 30, 2019 By In SLIDER With 184 Views

Une entreprise canadienne accusée de corruption au Cameroun


La société canadienne “Magil Construction” a été inculpée au Cameroun à la suite d’épisodes corrompus qui, d’heure en heure, prennent forme et s’aggravent. L’enjeu est la construction du stade Paul Biya, une infrastructure clé pour accueillir la Coupe d’Afrique de football 2021. Des sources internationales bien informées révèlent que Magil aurait versé des pots-de-vin au ministre des sports camerounais pour reprendre la construction du stade à Piccini, une société italienne qui avait régulièrement remporté le marché. 

Le conditionnel est obligatoire car il n’y a toujours pas de déclarations formelles sur le sujet. Mais, comme nous l’avons dit, heure après heure, le tableau accusateur contre Magil prend forme.  Par exemple, des sources institutionnelles ont informé que la corruption aurait eu lieu par l’intermédiaire de fonctionnaires du ministère des Sports. Si, comme tout le laisse imaginer, ce système accusatoire est confirmé, il aura l’effet d’une bombe à la fois à Youndè et à Ottawa. En raison de cet épisode sensationnel de corruption, le Cameroun court le risque de se voir révoquer l’attribution de la Coupe d’Afrique des Nations, qui avait déjà été annulée en raison de divers retards dans les infrastructures, puis reconfirmée pour 2021.  Le Comité Exécutif du Can, l’organe appelé à se prononcer sur le plus important tournoi de football africain sur ces questions est en effet inébranlable. Mais autant de clameur cet événement produit et produira au Canada. À Ottawa, ils sont encore sous le choc pour l’histoire de SNC-Lavalin, une autre importante entreprise de construction, qui, en Libye, a été accusée d’avoir versé 32 millions de pots-de-vin pour gagner des appels d’offres.

L’affaire Magil ne ferait qu’aggraver l’image internationale du Canada et miner bon nombre des activités en cours en Afrique. En fait, la réglementation canadienne est très stricte, tant à l’égard de ceux qui commettent ce crime qu’à l’égard de leurs propres entreprises qui pourraient être impliquées.  Cependant, la bombe semble avoir été déclenchée. Il s’agit d’une nouvelle très récente du procès de trahison d’un dirigeant local de Piccini, un certain Benoit Fabre, utilisé par les corrupteurs pour obtenir des informations confidentielles sur les contrats et les travaux, nouvelle qui servira ensuite à faire sauter le contrat existant entre le Cameroun et la société italienne. Il y a un audio avec l’enregistrement qui prouve la trahison de Piccini par Fabre, un employé infidèle engagé dans le transfert d’informations confidentielles et de détails du travail en cours dans le seul but de boycotter la société italienne et le respect des délais de livraison.

Avec cet enregistrement, Fabre signe son délit, sachant aussi que la société mère française Egis, avec laquelle Magil a déjà un projet en cours à Douala, est, comme minimum, en situation de conflit. Nous devons maintenant comprendre comment les scénarios vont évoluer. Le Président Paul Biya veut certainement sortir de cette impasse embarrassante et assurer à son pays à la fois la Coupe d’Afrique des Nations et une vie publique ordonnée et inattaquable. Dans les prochaines heures, nous verrons quelles mesures seront prises pour ramener la situation à la normale.

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