Paris, 13 juil 2017 (AFP)

Mayotte, marquée par une forte pression migratoire, est en proie à « une vive tension » dans la population, alerte le député mahorais Mansour Kamardine (LR) dans un entretien à l’AFP, estimant qu' »on est assis sur un chaudron ».
« Nous allons vers de graves troubles, il ne faut pas sous-estimé la colère des Mahorais », prévient le nouveau député, qui a retrouvé, avec 64,61% des voix, le poste qu’il a occupé de 2002 à 2007. « Je suis à Paris pour alerter sur la situation à Mayotte », explique le parlementaire, qui a commencé à faire le tour des ministères et cabinets.
Il demande au gouvernement « un signal fort: empêcher les kwassas (bateaux de pêche comoriens qui transportent les clandestins, ndlr) de venir », insiste-t-il. « Peut-on m’expliquer comment une puissance maritime comme la France n’a pas les moyens de contrôler un bras de mer de 70 km? » ajoute-t-il.
Mayotte est devenu le 101e département français en 2011, et accède peu à peu au droit commun. L’île manque d’infrastructures et d’équipements, souffre d’un faible développement économique et connaît le taux de chômage le plus élevé des départements d’outre-mer (36,6%).
Selon M. Kamardine, « 52% de la population mahoraise est clandestine », et 8 naissances sur 10 sont des naissances de clandestins ».
Pour le parlementaire, « personne ne supporterait dans l’Hexagone ce qu’on vit là-bas ». Il justifie les « décasages » (expulsions parfois violentes de clandestins par la population, ndlr), qui ont eu lieu en 2016: « Dans l’esprit des Mahorais, ou l’Etat fait le job, ou ils le font à sa place. »
La solution selon le député: « une coopération bilatérale » avec les Comores, pour améliorer la situation de la population comorienne et endiguer l’immigration clandestine. « On dépense 60 millions par an pour lutter contre l’immigration clandestine, on pourrait mobiliser une partie de cette somme au service du développement des Comores. Je sais que la France a les moyens d’imposer cette coopération », assure-t-il.
L’élu, qui est le seul député LR à avoir voté la confiance à Edouard Philippe -il n’était pas au courant des consignes, explique-il-, juge que le Premier ministre a « développé des sujets que Mayotte voulait entendre, comme l’immigration, la sécurité, l’école ».
Sur ce dernier sujet, il salue le projet de classes de 12 élèves en CP: « je ne peux pas m’opposer à cette mesure et dire ensuite +j’en ai besoin pour Mayotte+ », où les élèves sont 36 par classe, et certains par rotation (soit le matin, soit l’après-midi) faute de places.