Alger, 5 juil 2017 (AFP)

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika a de nouveau demandé à la France d’admettre officiellement les « souffrances » infligées au peuple algérien sous la colonisation, dans un message à l’occasion des 55 ans, mercredi, de l’indépendance de l’Algérie.
« Notre peuple exige toujours une reconnaissance de ses souffrances de la part du colonisateur d’hier, la France », a affirmé M. Bouteflika dans ce message diffusé par l’agence de presse officielle APS.
« Le partenariat d’exception » dont l’Algérie et la France ont engagé la construction depuis la visite à Alger fin 2012 du président français François Hollande, « gagnera en sérénité et en élan dans une reconnaissance des vérités de l’Histoire », a poursuivi le chef de l’État algérien.
L’Algérie a par le passé réclamé que la France reconnaisse officiellement ses « crimes » en Algérie et s’en excuse, après 132 ans de colonisation française et une guerre d’indépendance sanglante qui ont laissé des blessures toujours pas cicatrisées.
Cette question a été rarement soulevée ces dernières années, notamment depuis que le président Hollande avait le 20 décembre 2012, solennellement reconnu devant le Parlement algérien « les souffrances » infligées par « la colonisation française », sans toutefois formuler d’excuses ou de repentance.
Les relations – compliquées et passionnelles – entre Paris et Alger s’étaient alors réchauffées, après avoir été longtemps plombées par un article d’une loi française votée en 2005, mentionnant « le rôle positif de la colonisation ».
M. Bouteflika avait vu dans cette loi une « cécité mentale confinant au négationnisme et au révisionnisme » et exigé une « repentance » de la France.
L’année suivante, malgré l’abrogation de cet article, il avait réclamé des « excuses publiques et solennelles » de la France pour « le crime de colonialisme » comme préalable à la signature d’un accord d’amitié entre les deux pays, finalement abandonné.
Cette nouvelle demande d’Alger intervient peu après l’élection à la présidence française d’Emmanuel Macron, qui souhaite renforcer le « partenariat d’exception » avec Alger et est attendu en visite à Alger à une date non encore précisée.
Encore candidat, M. Macron – qualifié par M. Bouteflika d' »ami de l’Algérie » – avait à Alger, qualifié la colonisation française en Algérie (1830-1962) de « crime contre l’humanité ».
Mercredi, M. Bouteflika, diminué physiquement depuis un accident vasculaire cérébral en 2013, a fait une rare apparition publique en se recueillant, assis dans un fauteuil roulant, à la mémoire des martyrs de la guerre d’indépendance (1954-1962), dans un cimetière de la banlieue Est d’Alger, selon des images diffusées par la télévision d’État.
A la tête du pays depuis 1999, M. Bouteflika, 80 ans, a été réélu en 2014 pour un quatrième mandat. Depuis son AVC, son état de santé fait l’objet de nombreuses spéculations et il ne fait que de brèves et rares apparitions à la télévision d’État.