Luanda, 26 août 2017 (AFP)

Le principal parti de l’opposition angolaise, l’Unita, a continué à contester samedi la victoire du parti au pouvoir aux élections générales, en menaçant de saisir la justice si le régime persiste, selon lui à « manipuler » les résultats.
« Le pays n’a pas encore de résultats valides. Le pays n’a pas encore de président élu. Il n’a pas encore de députés », a lancé devant la presse le président de l’Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola (Unita), Isaias Samakuva.
« C’est un crime de manipuler ou d’altérer la volonté du peuple », a-t-il ajouté.
Selon les résultats quasi-complets publiés vendredi par la Commission nationale électorale (CNE), le Mouvement populaire pour la libération de l’Angola (MPLA), au pouvoir depuis l’indépendance du pays en 1975, a recueilli 61,1% des suffrages et devrait détenir 150 des 220 sièges du Parlement.
Ce succès doit faire de son candidat Joao Lourenço, l’ex-ministre de la Défense âgé de 63 ans, le successeur à la tête de l’Etat du président Jose Eduardo dos Santos, qui a décidé de prendre sa retraite après trente-huit ans d’un règne sans partage.
L’opposition refuse depuis deux jours les résultats proclamés par la CNE, jugeant qu’elle n’a pas respecté les procédures.
Samedi, l’Unita a présenté des chiffres provisoires de son propre dépouillement des bureaux de vote du pays en affirmant qu’ils présentaient des « différences substantielles » avec ceux de la CNE.
« Nous ne sommes pas d’accord avec ces résultats (de la CNE), pas parce qu’ils donnent l’avantage au MPLA mais parce que nous ne les considérons pas vrais », a insisté auprès de l’AFP le secrétaire général adjoint de l’Unita Rafael Massanga Savimbi.
« Je pense que pour la première fois le MPLA n’a pas gagné (…) nous avons réussi à mobiliser la majorité du peuple, les Angolais ont voté massivement pour le changement », a-t-il assuré.
« Si le MPLA gagne, c’est avec des preuves, nous l’accepterons. Mais nous demandons aussi que si le MPLA perd, il l’accepte parce que c’est la volonté du peuple », a poursuivi le fils du fondateur de l’Unita, Jonas Savimbi, tué par l’armée angolaise en 2002.
« Nous n’allons pas accepter que le vote populaire soit volé », a-t-il poursuivi.
« Nous allons saisir les tribunaux (..) et nous allons inviter le peuple à défendre sa volonté (…) celui qui ne respecte pas la volonté du peuple aura la responsabilité historique de ce qui peut se passer dans le pays », a-t-il conclu.
Les élections se sont déroulées alors que l’Angola, pays à la population très pauvre, se débat depuis trois ans dans une grave crise économique causée par la chute des prix du pétrole, sa principale source de revenus.