Posted On septembre 5, 2017 By In Non classifié(e) With 455 Views

Assassinat du chef de l’armée du Lesotho, un petit pays instable

Maseru (Lesotho), 5 sept 2017 (AFP)

Le chef d’état-major de l’armée du Lesotho a été abattu mardi au cours d’une fusillade dans la capitale Maseru, un assassinat qui constitue un “sérieux revers” pour ce royaume africain à l’histoire politique mouvementée, selon le Premier ministre Thomas Thabane,
“C’est avec une grande tristesse que j’annonce la mort regrettable du général Khoantle Motsomotso”, a déclaré M. Thabane, confirmant une information donnée plus tôt par une source militaire sous couvert d’anonymat.
Deux autres officiers supérieurs, le colonel Tefo Hashatsi et le général Bulane Sechele, ont également été tués dans cet échange de coups de feu, a-t-il ajouté devant la presse.
“Il s’agit d’un sérieux revers dans nos importants efforts destinés à restaurer la paix et la stabilité au Lesotho”, a-t-il estimé, assurant que “la situation était sous contrôle” dans ce petit pays d’Afrique australe où l’armée exerce une forte influence politique.
Cet assassinat intervient trois mois après les élections législatives qui ont porté M. Thabane à la tête du gouvernement.
Ce dernier avait déjà occupé le poste de Premier ministre de 2012 à 2015. Il avait été contraint momentanément à l’exil en Afrique du Sud après une tentative de coup d’Etat militaire en 2014 dirigée par le chef d’état-major de l’époque, le général Tlali Kamoli, qu’il avait limogé.
Mardi, le colonel Tefo Hashatsi et le général Bulane Sechele “ont tenté d’entrer de force dans le bureau du chef d’état-major, il y a eu une fusillade entre un de leur complice qui a pris la fuite et les gardes du corps du commandant”, a précisé à l’AFP un responsable militaire sous couvert d’anonymat.
Le chef de cabinet du ministère de la Défense, le colonel Tanki Mothae, a ajouté que la fusillade avait éclaté “dans une caserne, indiquant qu’une enquête était en cours pour déterminer les circonstances exactes de l’incident.
– Assassinat “insensé” –
Dans un communiqué, le président sud-africain Jacob Zuma a condamné “dans les termes les plus forts” l’assassinat “insensé et regrettable” du chef d’état-major, qui intervient “peu de temps après la tenue d’élections pacifiques et démocratiques”.
“Nous pensions, nous à la SADC (Communauté de développement d’Afrique australe), que le Lesotho avait réglé ses problèmes, c’est ce que nous avait promis le nouveau Premier ministre”, a-t-il ajouté en marge d’un sommet en Chine.
Le Lesotho a une longue histoire d’instabilité politique, illustrée par des coups d’Etat militaires en 1986 et 1991, des tentatives comme en 2014 et de nombreux incidents impliquant l’armée.
En juin 2015, le patron de l’armée, le général Maaparankoe Mahao, avait été abattu devant son domicile par des militaires.
Le colonel Tefo Hashatsi et le général Bulane Sechele, qui ont trouvé la mort dans la fusillade de mardi, avaient été mis en cause dans cet assassinat par une commission d’enquête.
Dans un entretien accordé à l’AFP début juin avant les élections, M. Thabane n’avait pas caché son intention de fusionner l’armée et la police dans un seul et même corps.
“Pour commencer, on n’aurait jamais dû avoir une armée. Quel pays pourrions-nous attaquer avec succès?”, avait-il lancé.
Il avait aussi estimé que seule la stabilité lui permettrait de s’attaquer à la pauvreté, au chômage ou encore à l’épidémie de sida qui frappe 23% de la population du Lesotho, l’un des pays les plus pauvres au monde.
Enclavé dans l’Afrique du Sud, le Lesotho est une monarchie constitutionnelle où règne le roi Letsie III, réduit à un rôle largement honorifique. Cet ancien protectorat britannique est indépendant depuis 1966.

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