Ouagadougou, 21 juil 2017 (AFP)

Plusieurs opérateurs économiques burkinabè bien connus ont été condamnés vendredi par le tribunal de grande instance de Ouagadougou à trois ans de prison ferme pour des transactions bancaires frauduleuses, a-t-on appris de source judiciaire.
Sayouba Zidwemba alias « Will Télécom », magnat de l’électronique, et dix autres opérateurs économiques ont été reconnus coupables de « recel » et « complicité de falsification de données bancaires », pour avoir « reçu et retiré (de leurs comptes) des sommes d’argent allant de 20 à 67 millions de francs CFA » (30 à 100.000 euros), provenant de « transactions frauduleuses » effectuées à leur profit depuis le siège de la Compagnie bancaire de l’Afrique de l’Ouest (CBAO) au Sénégal.
En février, un audit à la CBAO-Dakar avait révélé des « transferts irréguliers » portant sur 1,8 milliard de francs CFA (2,7 millions d’euros), à destination de plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, dont la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso, effectués à partir des comptes de clients.
M. Zidwemba a écopé, avec deux autres personnes, dont le célèbre homme d’affaires Christian Tapsoba dit « Goroko », de « trois ans de prison ferme » et d' »une amende de 1,5 million de francs CFA » (2.300 euros).
Huit autres prévenus ont été condamnés à « 2 ans de prison ferme et à une amende d’un million » de francs CFA, tandis qu’un autre a écopé de « 18 mois de prison ferme et d’une amende de 500.000 de francs CFA ».
Ils ont également été condamnés au « remboursement des montants retirés » de leurs comptes et à payer solidairement 10 millions de francs CFA à la CBAO au titre des dommages et intérêts et 10 autres millions au titre des frais du procès.
Deux autres personnes, poursuivies pour « complicité de recel » ont été relaxés au « bénéfice du doute ».
Il s’agit de la première condamnation impliquant plusieurs hommes d’affaires et entrepreneurs burkinabè pour un « délit économique » portant sur la même affaire.
Au cours du procès débuté le 8 juin, les inculpés ont tous clamé leur innocence, affirmant avoir été victimes d’une escroquerie orchestrée par un Ivoirien, André Kouassi, qui a acheté des marchandises, réglées par les transferts incriminés.
Un informaticien, présenté comme l’auteur principal des « transferts frauduleux », avait été arrêté en mars à Dakar, sans que son identité ne soit révélée.