Posted On août 28, 2017 By In Non classifié(e) With 638 Views

Burundi: nouveaux leader et nom pour la rébellion des Forebu

Nairobi, 28 août 2017 (AFP)

La rébellion des Forces républicaines du Burundi (Forebu) a annoncé lundi qu’elle changeait de nom pour “mettre fin à la confusion” qui régnait à sa tête et qu’elle serait désormais dirigée par un ancien officier supérieur de l’armée burundaise.
Cette rébellion, essentiellement composée de soldats et policiers qui ont déserté les corps de défense du Burundi depuis le début en avril 2015 de la crise politique dans ce pays d’Afrique des Grands lacs, s’appellera désormais les Forces populaires du Burundi (FPB).
Ce mouvement passera sous les ordres du général Jérémie Niranyibagira, a annoncé ce dernier dans un enregistrement audio parvenu lundi à l’AFP. Le colonel Edouard Nshimirimana, qui avait annoncé la création des Forebu le 23 décembre 2015, sera son adjoint.
“Dans le souci d’améliorer l’organisation de la résistance et tenant compte des diverses difficultés rencontrées depuis sa création, nous décidons de changer le nom et de réorganiser le leadership du mouvement”, a déclaré le général Niranyibagira dans cette bande sonore.
Les Forebu avaient été créées quelques mois après le début de la crise provoquée par la candidature fin avril 2015 du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat, que l’opposition, la société civile et une partie de son camp jugeaient contraire à la Constitution et à l’Accord d’Arusha, qui avait mis fin à la guerre civile (1993-2006).
M. Nkurunziza a été réélu en juillet 2015. Les violences qui ont accompagné cette crise ont depuis fait de 500 à 2.000 morts, selon les sources (ONU et ONG), des centaines de cas de disparition forcée et de torture, et ont poussé à l’exil plus de 400.000 Burundais.
Selon le dernier rapport des experts indépendants de l’ONU sur la République démocratique du Congo (RDC), pays frontalier, les FPB sont désormais le groupe rebelle burundais le plus important en nombre. Il comprend entre 300 et 500 combattants, basés au Sud-Kivu, dans l’est de la RDC.
Les autres mouvements sont une aile dissidente des Forces nationales de libération (FNL) dirigée par Aloys Nzabampema, et RED-Tabara dont la paternité est régulièrement attribuée à l’homme politique burundais Alexis Sinduhije, ce qu’il dément.
La décision de changer de nom et de se doter d’un nouveau chef a été prise “pour mettre fin à la confusion qui régnait dans le leadership des Forebu”, a expliqué à l’AFP le nouveau porte-parole du groupe, le colonel Adolphe Manirakiza.
Plusieurs personnalités, dont l’ancien patron du parti présidentiel Hussein Radjabu, et le général Godefroid Niyombare, qui avait dirigé le putsch raté des 13 et 14 mai 2015, se disputaient depuis plus d’une année la présidence de cette rébellion.
“Nous pensons que ces problèmes sont désormais derrière nous, et que nous allons nous consacrer à notre mission en menant des actions sur le terrain pour sauver la population burundaise en proie à une dictature sanguinaire”, a insisté le colonel Manirakiza.
Selon ce dernier, les FPB n’ont pas que des hommes en RDC. “Il y en a dans d’autres pays, mais surtout à l’intérieur du Burundi, comme vous allez le voir bientôt”, a-t-il affirmé, avant d’assurer que “le temps de la parole et des débats sur les réseaux sociaux est fini, l’heure est maintenant à l’action”.
Âgé de 48 ans, le général Niranyibagira est un ancien chef militaire du Cndd-FDD, l’ancienne principale rébellion hutu durant la guerre civile, aujourd’hui au pouvoir. Il a démissionné de l’armée burundaise en mars 2017.

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