Paris, 4 juil 2017 (AFP)

« S’il n’est pas saisi d’ici mai prochain par le Congrès », le gouvernement organisera la consultation pour l’autodétermination de la Nouvelle-Calédonie « au plus tard en novembre 2018 », a confirmé mardi le Premier ministre Édouard Philippe dans sa déclaration de politique générale.
Se disant « honoré de reprendre le flambeau de Michel Rocard et de quelques autres après lui », le Premier ministre a souligné que « cette mandature sera celle de l’aboutissement de l’Accord de Nouméa signé il y a 20 ans ».
« S’il n’est pas saisi d’ici mai prochain par le Congrès, le gouvernement, comme le prévoit la Constitution, organisera la consultation pour l’accession à la souveraineté au plus tard en novembre 2018 », a-t-il dit.
Au terme des vingt années du processus de décolonisation progressif de l’accord de Nouméa (1998), les Calédoniens devront alors se prononcer pour ou contre l’indépendance.
« L’État jouera pleinement son rôle d’acteur et de garant de ce processus, pour conforter le +destin commun+ inscrit dans le préambule de l’Accord. C’est un engagement personnel que je prends ici », a déclaré M. Philippe.
Il a salué plus largement les Outre-mer.
« La France est partout dans le monde grâce à ses Outre-mer. Sur tous les continents et dans tous les océans du globe. Voilà une richesse. Voilà une chance. Voilà aussi un défi », a-t-il insisté.
Il a évoqué les prochaines « assises de l’outre-mer », promesses de campagne d’Emmanuel Macron, qui « seront l’occasion, pour l’ensemble du gouvernement, d’être à l’écoute des attentes de chaque territoire et de concevoir ensemble les plans de convergence prévus par la loi pour l’égalité réelle Outre-mer », adoptée au parlement en février dernier.
Édouard Philippe a également salué, sans le nommer, dès le début de son intervention, le député de Guyane Lenaïck Adam (République en Marche).
« Un jeune homme de Saint-Laurent-du-Maroni, un des benjamins de cette Assemblée, qui sera peut-être une de ces grandes figures que la Guyane offre parfois à notre pays », a-t-il souligné, et qui a bénéficié d’une « politique publique audacieuse » pour se retrouver aujourd’hui au sein de la représentation nationale.
Âgé de 25 ans, Lenaïck Adam fait partie du groupe Bushinengue : des descendants directs d’esclaves africains échappés de l’ex-Guyane hollandaise au 18e siècle et établis de part et d’autre du fleuve frontière, le Maroni.
Ce diplômé de Sciences Po, directeur depuis février d’une entreprise de transport fluvial, a fait partie de l’une des promotions du dispositif « Les cordées de la réussite » qui depuis 2008 favorise l’égalité des chances afin de mener des études supérieures.
Enfin, le Premier ministre a aussi cité la Guyane et Mayotte en évoquant la pression migratoire « qui s’exerce aux frontières », annonçant pour « la semaine prochaine » des mesures pour réformer le système de l’asile et lutter contre l’immigration irrégulière.