Posted On septembre 28, 2017 By In Non classifié(e) With 1156 Views

Cameroun: interdiction de se déplacer et couvre-feu dans les régions anglophones

Yaoundé, 28 sept 2017 (AFP)

Les autorités de la région anglophone du Sud-Ouest du Cameroun, comme celles de l’autre région anglophone du pays la semaine passée, ont annoncé l’interdiction de se déplacer et un couvre-feu, a-t-on appris jeudi, alors que les séparatistes anglophones veulent proclamer symboliquement leur indépendance dimanche.
Fermeture des frontières territoriales et maritimes, suspension des transports, interdiction de se déplacer entre les localités et des réunions de plus de quatre personnes dans l’espace public: outre le couvre-feu, les autorités du Sud-Ouest (chef-lieu Buéa) ont annoncé dans un communiqué jeudi des mesures restrictives en amont de l’annonce de l’indépendance annoncée par les indépendantistes anglophones.
Un couvre-feu, de 22h (21h GMT) à 5h (4h GMT), est déjà en vigueur depuis les manifestations du 22 septembre dans la région anglophone du Nord-Ouest (chef-lieu Bamenda).
La série de “mesures régulatoires” dans le Sud-Ouest prendra effet vendredi à 9h (8h GMT) et se terminera lundi à 7h (6h GMT), selon ce même texte.
Un deuxième communiqué des autorités indique qu’un renforcement militaire est prévu dans la région et appelle la population à “rester calme”.
Les autorités camerounaises ont démenti jeudi toute allégation prêtant au gouvernement l’intention de procéder à des coupures d’internet.
Le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, les deux régions anglophones sur les dix du Cameroun, avaient été privées d’internet pendant trois mois jusqu’à fin avril – la plus longue coupure d’Afrique.
Les séparatistes anglophones veulent proclamer symboliquement leur indépendance ce dimanche 1er octobre, date de la réunification des parties anglophones et francophone du Cameroun.
Le 22 septembre, des manifestations d’indépendantistes réunissant des milliers de personnes avaient eu lieu dans les régions anglophones, alors même que les autorités du Nord-Ouest avaient interdit toute manifestation.
Yaoundé considère désormais les séparatistes comme des “terroristes”, après de récentes explosions de bombes à Bamenda et à Douala (sud), la capitale économique.
Depuis novembre 2016, la minorité anglophone – environ 20% des 22 millions de Camerounais – proteste contre ce qu’elle appelle sa marginalisation, entre autres dans l’enseignement et la magistrature.
Certains anglophones exigent le retour au fédéralisme tandis qu’une minorité réclame la partition du Cameroun. Deux scénarios que refuse Yaoundé.

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