Posted On juillet 30, 2017 By In Non classifié(e) With 554 Views

Congo: deuxième tour des législatives, incident à Brazzaville

Brazzaville, 30 juil 2017 (AFP)

Plus d’un an après sa propre réélection contestée, le président du Congo-Brazzaville Denis Sassou-Nguesso devait disposer d’une nouvelle majorité confortable à l’Assemblée aux termes des élections législatives dimanche marquées par quelques incidents et un report du scrutin dans plusieurs circonscriptions de la région du Pool.
Même si les résultats du second tour ne seront connus que dans quelques jours pour ce pays de 4,5 millions d’habitants, le Parti congolais du travail (PCT) du président avait déjà empoché 72 sièges sur 151 au premier tour le 16 juillet, contre sept pour l’Union des démocrates et humanistes (UDH-Yuki) de Guy-Brice Parfait Kolélas et trois pour l’Union panafricaine pour la démocratie sociale (Upads).
Un incident impliquant des militaires et ayant provoqué le retrait d’un candidat d’opposition a émaillé ce deuxième tour dans un bureau de Brazzaville, après l’ouverture des bureaux de vote à 08h00 (07h00 GMT).
“Ils sont venus en treillis pour voter avec des cartes d’électeur, mais sans cartes d’identité. Or, tout électeur doit présenter ces deux pièces afin d’accomplir son devoir citoyen”, a déploré auprès de l’AFP Flore Anique Mbemba, suppléant du candidat indépendant Marien Ikama, opposé au candidat du PCT au pouvoir Dominique Ondzé. “Pour nous, il s’agit d’électeurs fictifs qui n’ont pas droit au vote”.
“Pour l’avoir dénoncé, au moins cinq de nos militants ont été passés à tabac. Notre candidat a décidé de se retirer et de laisser son adversaire continuer la course tout seul”, a ajouté Mme Mbemba, au bord des larmes.
Tous les délégués du candidat Marien Ikama ont quitté les 24 bureaux de vote.
“Les militaires qui ont voté étaient tous régulièrement inscrits. C’est juste leurs uniformes qui ont créé la panique du côté des délégués démissionnaires”, a déclaré Jean Bayabi, chef du bureau de vote.
Dans le quartier de Poto-Poto, à Brazzaville, des militants d’un candidat indépendant accusent également des militaires d’avoir voté frauduleusement pour le compte du PCT, ont-ils indiqué à l’AFP.
Dans ce quartier, les forces de l’ordre ont tiré en l’air pour disperser les manifestants qui avaient jeté des pierres sur des militaires, selon un habitant et un chef de bureau de vote.
Dans le sud de Brazzaville, les électeurs ont affirmé que la police leur avait demandé de rentrer chez eux après avoir voté.
“Apparemment, ils (les responsables des bureaux de vote) veulent organiser la fraude”, a accusé Mélanie Missombolo, 50 ans. “Nous voulons rester sur le lieu de vote jusqu’à la fermeture des bureaux pour assister au dépouillement, comme au premier tour”, a-t-elle ajouté.
Les autorités ont reporté le scrutin dans neuf des quatorze circonscriptions électorales du Pool (sud), région proche de Brazzaville qui a replongé dans la violence depuis la réélection contestée de M. Sassou Nguesso (33 ans au pouvoir au total).
Le gouvernement accuse l’ancien chef rebelle Frédéric Bintsamou, alias Pasteur Ntumi, et ses combattants Ninjas de commettre des exactions sur les populations. Au total 138.000 personnes sont en détresse dans ces régions, selon le gouvernement et l’ONU.
Les ONG dénoncent “une répression à huis clos”.
Malgré tout, le scrutin s’est déroulé sans heurts apparents dans les trois circonscriptions qui restaient à pourvoir, selon les autorités contactées par l’AFP.
“Dans quelques instants, les bureaux vont se refermer. Et tous les rapports qui nous parviennent indiquent que les choses se passent correctement”, a déclaré Henri Bouka, président de la Comission nationale électorale indépendante (CNEI).
La France avait appelé Brazzaville à “rétablir rapidement les conditions qui permettront la tenue des élections dans toutes les circonscriptions concernées”.
“L’objectif est de tenir les élections dans ces circonscriptions du Pool dans les délais raisonnables, mais pour y arriver il faut un niveau de sécurité suffisant”, avait indiqué cette semaine le ministre de la Communication, Thierry Moungalla.

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