Posted On juillet 10, 2017 By In Non classifié(e) With 354 Views

Crise du sucre à La Réunion: les parlementaires de l’île reçus mercredi par le gouvernement

Paris, 10 juil 2017 (AFP)

Les parlementaires de La Réunion seront reçus mercredi par les ministres de l’Agriculture et des Outre-Mer, au sujet du conflit qui oppose depuis plus d’un mois les planteurs de cannes et les industriels de la filière sucre dans l’île, a annoncé lundi le gouvernement.
Les élus de La Réunion rencontreront au ministère de l’Agriculture Stéphane Travert (Agriculture) et Annick Girardin (Outre-Mer) en début de matinée, ont fait savoir les deux membres du gouvernement dans un communiqué conjoint.
Les députés de l’île, de toutes tendances politiques, ont interpellé le gouvernement la semaine dernière sur ce conflit qui oppose depuis la mi-mai les planteurs de cannes à sucre au groupe Tereos sur le prix de la tonne de canne.
Ce conflit s’est enlisé ces derniers jours, et plusieurs blocages de routes par les planteurs ont perturbé la circulation et impacté l’économie de l’île. Des blocages étaient toujours en cours lundi matin, notamment devant la préfecture à Saint-Denis. Deux opérations escargot ont également eu lieu, a constaté une journaliste de l’AFP lundi.
“Je suis pour le dialogue, mais la logique qui consiste à prendre en otage tout un territoire n’est pas ma conception de la République”, a prévenu de son côté le nouveau préfet de La Réunion Amaury de Saint-Quentin, lors de sa première rencontre avec la presse locale lundi après-midi.
Le représentant de l’Etat, arrivé dimanche matin dans l’île, a reçu dans la soirée les trois syndicats agricoles, la Confédération générale des planteurs et éleveurs de La Réunion (CGPER), la fédération locale de la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs.
Un espoir de sortie de crise s’est dessiné lorsque Tereos a été reçu à son tour par le préfet, mais est bien vite retombé, le groupe sucrier continuant de camper sur une proposition d’augmentation du prix de 2,50 euros la tonne de canne. Les planteurs réclament quant à eux 6 euros.
M. de Saint-Quentin a d’ores et déjà indiqué qu’il recevrait “les bonnes volontés prêtes à s’exprimer, et les différents partenaires s’il s’agit de formaliser un accord”, mais qu’il ne voulait “pas faire de la réunionnite”.
Les députés ont estimé la semaine dernière que les planteurs avaient “démontré la nécessité de revaloriser” le prix de la tonne de canne “à hauteur de 45 euros”, et que le climat de tension actuel risquait “de porter préjudice à l’ensemble de la filière et aux 18.000 emplois qu’elle représente”.
“J’appelle solennellement Tereos à participer pleinement aux négociations en permettant aux planteurs de pouvoir vivre de leur culture”, a notamment demandé la député et ancienne ministre des Outre-Mer Ericka Bareigts, dans un communiqué.
Dans une tribune publiée lundi matin, le Syndicat du sucre explique que “déduction faite de toutes les aides versées à la filière, le prix payé aux planteurs par les sucreries de La Réunion est déjà supérieur à celui payé en métropole par les sucreries de betteraves”, et que “l’industrie sucrière réunionnaise souffre d’un handicap structurel de compétitivité”.
caz-mah-sac/mat/fm

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