Conakry, 31 oct 2017 (AFP)

Une dizaine de journalistes guinéens, qui soutenaient un confrère en garde à vue, ont été blessés mardi à Conakry et leur matériel de travail détruit par des gendarmes, a-t-on appris auprès d’une association des médias de Guinée.
Ces journalistes travaillant dans des médias privés guinéens soutenaient le directeur du groupe privé de radio et télévision Gangan, Abdoubacar Camara, en garde à vue depuis lundi, a affirmé à l’AFP le président de l’Union des radios et télévisions libres de Guinée (Urtelgui), Sanou Kerfala Cissé.
M. Camara avait été interpellé par la gendarmerie avec trois journalistes de son groupe de presse pour être interrogés, après des rumeurs sur le décès du président guinéen Alpha Condé ayant circulé dans la nuit de dimanche à lundi, selon la gendarmerie.
En fait, après le décès d’un de ses journalistes, la radio du groupe avait diffusé dimanche de la musique funèbre, ce qui a fait naître les rumeurs de la disparition du président Condé.
Ces rumeurs ont été dissipées après l’apparition du chef de l’Etat à la télévision lundi soir.
« Le procureur de la république près le tribunal de Mafanco a requis la gendarmerie » pour « entendre ces journalistes de Gangan pour connaître ce qui s’est passé autour de la diffusion de la musique funèbre, amenant les citoyens à toutes sortes de spéculations », a indiqué mardi à l’AFP un haut responsable de la gendarmerie.
Les trois journalistes ont été libérés lundi après audition mais le directeur Camara a été retenu « pour nécessité d’enquêtes », a-t-il dit.
« Les journalistes n’avaient rien à faire dans la cour de ce camp de gendarmerie » et, « au pire des cas », ils pouvaient « attendre dehors », a poursuivi ce responsable.
Après le refus des journalistes d’évacuer, les gendarmes les ont « chargés », leur « donnant des coups de pied, de matraque et de cravache » et « brisant des caméras, des dictaphones et des micros », a expliqué M. Cissé.
« J’ai été prise en sandwich par trois gendarmes qui m’ont d’abord taclée. Je suis tombée par terre et j’ai été battue par les trois bidasses », a affirmé à l’AFP une journaliste, Aïssatou Barry, se plaignant de blessures au cou, aux genoux et aux coudes.
La Guinée occupe le 101e place sur 180 pays dans le classement de la liberté de la presse par l’organisation de défense des journalistes Reporters sans frontières (RSF).