Posted On novembre 21, 2017 By In Non classifié(e) With 580 Views

Hariri rencontre Sissi au Caire avant son retour au Liban

Le Caire, 21 nov 2017 (AFP)

Le Premier ministre libanais démissionnaire Saad Hariri s’est entretenu mardi au Caire avec le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, avant de se rendre au Liban où il doit s’expliquer sur sa démission surprise annoncée en Arabie saoudite.
M. Hariri a quitté le Caire en milieu de soirée après une visite de quelques heures, selon un correspondant de l’AFP sur place.
Après son entretien avec M. Sissi, M. Hariri a indiqué dans une brève déclaration, qu’il “remercie l’Egypte pour son soutien à la stabilité du Liban”.
“Nous avons eu un long entretien (…) sur la nécessité que le Liban se distancie de toutes les politiques régionales”, a-t-il déclaré devant des journalistes avant d’ajouter: “comme je l’ai dit à Paris, j’annoncerai ma position politique au Liban, et je ne parlerai pas de politique”.
M. Sissi avait cherché à apaiser les tensions entre l’Arabie saoudite et le mouvement chiite libanais Hezbollah, membre du gouvernement, et son allié iranien.
Juste après l’arrivée de M. Hariri au Caire, des petits groupes de supporters sont descendus dans la rue à Beyrouth en klaxonnant, en lançant des acclamations et en arborant des drapeaux aux couleurs de son mouvement.
Mercredi, M. Hariri doit participer à Beyrouth à la fête de l’Indépendance, et clarifier sa position sur sa démission, intervenue le 4 novembre dans un contexte de tension entre l’Arabie saoudite, parrain de M. Hariri, et l’Iran, les deux grands pays rivaux dans la région.
Le fait que M. Hariri ait annoncé sa démission depuis Ryad et qu’il soit resté en Arabie saoudite pendant deux semaines, avait soulevé de nombreuses questions. Le président libanais Michel Aoun a accusé les Saoudiens de le retenir en “otage”, ce que l’intéressé et Ryad ont démenti.
– Appel à l’unité –
Dans son discours traditionnel la veille de la fête de l’Indépendance, M. Aoun a appelé les Libanais à “l’unité” et à s’éloigner de la dissension qui “provoquerait une destruction totale qui n’épargnerait personne”.
M. Sissi a reçu un appel de M. Aoun mardi soir, a indiqué la présidence dans un communiqué. Ils ont “discuté de l’évolution de la situation politique au Liban, soulignant l’importance du maintien de la stabilité du Liban et de la nécessité de défendre les intérêts nationaux libanais”.
Lors de l’annonce de sa démission, M. Hariri avait accusé l’Iran et le Hezbollah de déstabiliser son pays, et dit craindre pour sa vie.
Après un passage du chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian à Ryad la semaine dernière, M. Hariri s’était rendu à Paris samedi où il a rencontré le président Emmanuel Macron.
La diplomatie saoudienne a récemment multiplié les attaques contre Téhéran. Son ministre des Affaires étrangères Adel al-Jubeir a affirmé que Ryad ne resterait pas “les bras croisés” face à la politique “agressive” de l’Iran, lors d’une réunion extraordinaire dimanche de la Ligue arabe au Caire.
Le Liban est sous le “contrôle total” du Hezbollah, a accusé de son côté le chef de la diplomatie de Bahreïn, pays allié de l’Arabie saoudite, lors de cette réunion.
Le chef de la Ligue arabe Ahmed Aboul Gheit, en déplacement à Beyrouth, a appelé lundi à “préserver” le Liban des conflits régionaux.
Le père de M. Hariri, Rafic Hariri, ancien Premier ministre, a été tué dans un attentat à la voiture piégée en février 2005 à Beyrouth. Des membres du Hezbollah ont été accusés d’implication dans son assassinat.

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