Paris, 13 avr 2017 (AFP)

François Hollande a célébré jeudi un « islam d’ouverture », inaugurant une exposition sur les « Trésors de l’islam en Afrique, de Tombouctou à Zanzibar » à l’Institut du monde arabe.
Les manuscrits islamiques de Tombouctou (nord du Mali), présentés pour la première fois en France après avoir échappé en janvier 2013 à un autodafé commis par des groupes islamistes armés liés à Al-Qaïda, sont un « symbole » de cet islam, a-t-il souligné.
« Tombouctou est le symbole d’un islam universitaire, d’un islam ouvert mais aussi d’une entreprise de destruction, de démolition, de mise à sac », a insisté François Hollande, rappelant qu’une intervention militaire conduite par la France début 2013 avait mis un coup d’arrêt à la progression des jihadistes qui menaçaient de fondre sur Bamako.
Le président Hollande a une nouvelle fois aussi fustigé Bachar al-Assad, un « dictateur capable de massacrer avec du gaz sarin sa population », et « dont on peut penser qu’il n’hésite pas non plus à détruire ce qui est dans le legs de toute une civilisation », à savoir le patrimoine culturel antique de la Syrie.
« D’où l’enjeu politique que nous voulons ici rappeler, à travers cette exposition » qui vise « à la fois à montrer les dangers de l’extrémisme, du fondamentalisme et de la dictature » mais aussi à « mieux faire connaître l’islam dans ce qu’il a de plus tolérant, de plus rassembleur », a-t-il poursuivi.
François Hollande était entouré de ses homologues malien, burkinabé et mauritanien, Ibrahim Boubacar Keïta, Roch Marc Christian Kaboré et Mohamed Ould Abdel Aziz, des « amis (…) déterminants dans leurs Etats respectifs pour faire prévaloir la démocratie, lutter contre le terrorisme » mais aussi « trouver une solution pour la Gambie ».
Cette exposition « totalement inédite » est « un hymne à la connaissance », un « hommage rendu à l’extraordinaire diversité » de ces cultures, a souligné pour sa part Jack Lang, le président de l’IMA, qui espère qu’elle contribuera à « décoloniser une certaine vision de l’histoire ».
Rassemblant près de 300 oeuvres patrimoniales et contemporaines, elle met en exergue les liens étroits qui unissent le monde arabo-musulman et l’Afrique subsaharienne à travers treize siècles d’histoire, du Maroc au Sénégal, et de l’Ethiopie au Mali (du 14 avril au 30 juillet à l’Institut du monde arabe).