Posted On septembre 21, 2017 By In Non classifié(e) With 318 Views

Kenya: la nouvelle présidentielle repoussée au 26 octobre

Nairobi, 21 sept 2017 (AFP)

La nouvelle élection présidentielle kényane, initialement prévue le 17 octobre à la suite de l’invalidation de la réélection du président sortant Uhuru Kenyatta, a été repoussée au 26 octobre par une Commission électorale très critiquée, qui se donne ainsi un peu d’air.
La Cour suprême a fait peser l’entière responsabilité de l’annulation de la présidentielle du 8 août sur la Commission électorale (IEBC), dans les attendus de sa décision divulgués mercredi, augmentant un peu plus la pression sur l’institution chargée de conduire les élections et dont l’opposition réclame une réforme en profondeur avant d’aller aux urnes.
“Afin que la Commission soit pleinement préparée à l’organisation d’une élection répondant aux standards définis par la Cour suprême, nous souhaitons informer le public et toutes les parties prenantes que la nouvelle élection présidentielle aura désormais lieu le jeudi 26 octobre”, a déclaré l’IEBC dans un communiqué.
La Cour suprême avait prononcé le 1er septembre l’invalidation de la réélection de M. Kenyatta avec 54,27%, contre 44,74% à l’opposant Raila Odinga, une première sur le continent africain, mais tous les acteurs de la présidentielle étaient depuis suspendus aux motivations détaillées de la Cour, retransmises en direct à la télévision mercredi.
“Le jugement affecte sans le moindre doute les opérations électorales, en particulier la technologie qui doit être déployée”, a expliqué l’IEBC.
La Cour suprême a évoqué des “problèmes institutionnels systémiques” au sein de l’IEBC, reprochant notamment à cette dernière d’avoir supervisé une élection qui “n’était ni transparente, ni vérifiable” et de ne pas avoir permis l’accès à ses serveurs informatiques pour vérifier des accusations de piratage informatique.
La Cour suprême a précisé que ses reproches visaient surtout la transmission des résultats et non l’enregistrement des électeurs ou les opérations de vote le jour du scrutin.
L’IEBC, sous le feu des critiques depuis l’invalidation du scrutin, est de plus minée par des dissensions internes qui ont été exposées sur la place publique.
– ‘Chaos judiciaire’ –
L’annonce de la nouvelle date de l’élection est intervenue au beau milieu d’une adresse à la Nation du président Uhuru Kenyatta au cours de laquelle le chef de l’Etat s’est livrée à une nouvelle attaque en règle de la décision de la Cour suprême, après avoir accusé dans la matinée la plus haute juridiction du pays d’avoir perpétré un “coup d’Etat” judiciaire.
“La Cour suprême doit aux Kényans une explication: comment une injustice si monstrueuse a-t-elle pu avoir lieu?”, a lancé M. Kenyatta, qui ne semblait pas au courant de la date du 26 octobre qui, ironie du sort, coïncide avec le jour de son 56e anniversaire.
“Le jugement n’a pas seulement privé les Kényans de leur droit démocratique, il porte également en lui le risque de plonger notre pays dans le chaos judiciaire. Le précédent créé par ce jugement est qu’un panel (de juges, ndlr) peut rendre nulle la décision de millions de Kényans sans porter une quelconque attention aux preuves”, a martelé M. Kenyatta.
“Cette position va à l’encontre au droit souverain de notre peuple d’élire les dirigeants de leur choix” mais, a-t-il promis, l’élection présidentielle aura bien lieu et “cette fois, leur voix sera et doit être entendue”.
Le gouvernement, a ajouté M. Kenyatta, a débloqué les quelque 10 milliards de shillings kényans (environ 81 millions d’euros) nécessaires à l’organisation du nouveau scrutin, l’Assemblée nationale étant appelée à voter ces fonds mardi.
Reste que de nombreuses incertitudes pèsent sur la tenue de ce scrutin.
La société française OT Morpho en charge des 45.000 tablettes de reconnaissance biométrique des électeurs et de transmission électronique des résultats a indiqué lundi qu’elle devait réinitialiser tous les appareils, une tâche qu’elle a affirmé ne pas pouvoir achever d’ici au 17 octobre, sans qu’on sache si ce sera possible d’ici le 26.
Par ailleurs, l’opposition, qui a récemment lancé un appel aux dons pour financer sa campagne, a posé des conditions sine qua non à sa participation au scrutin: le remplacement de plusieurs cadres de l’IEBC, l’attribution des contrats sur l’impression des bulletins de vote et la composante électronique du scrutin à de nouvelles sociétés.
Autant d’exigences que rejette le parti au pouvoir et qui, même en cas d’accord de la Commission électorale, seraient difficiles à réaliser d’ici au 26 octobre.

Tags : , ,