Posted On octobre 27, 2017 By In Non classifié(e) With 288 Views

Kenya, une présidentielle à rebondissements

Nairobi, 27 oct 2017 (AFP)

L’élection présidentielle au Kenya a été marquée par de nombreux rebondissements, dont le dernier en date est le report sine die du scrutin prévu samedi dans quatre comtés de l’ouest du pays.
– Une première élection –
Le 8 août 2017, les Kényans votent en nombre et dans le calme pour la présidentielle, dix ans après un scrutin marqué par des violences qui avaient fait un millier de morts.
Dès le lendemain, Raila Odinga, principal opposant au président sortant Uhuru Kenyatta, rejette les résultats, manipulés selon lui par piratage informatique et qui semblent donner une confortable avance à son rival. La Commission électorale (IEBC) dément tout piratage.
Les résultats officiels sont proclamés le 11 août: Uhuru Kenyatta est réélu avec 54,27% des voix, contre 44,74% pour Raila Odinga, qui déposera un recours.
L’annonce des résultats déclenche des émeutes et des pillages dans des fiefs de l’opposition, qui dénonce une “mascarade” et en appelle au “peuple”.
– Une annulation historique –
Le 1er septembre, la Cour suprême invalide pour “irrégularités” la réélection d’Uhuru Kenyatta et ordonne l’organisation d’un nouveau scrutin dans les deux mois, une première en Afrique.
La nouvelle présidentielle est fixée au 17 octobre. Mais, le 18 septembre, la société française spécialisée OT Morpho affirme que le système électronique prévu pour la nouvelle présidentielle ne sera pas prêt à temps. Finalement, le scrutin est repoussé au 26 octobre.
Le 23 septembre, le parquet ordonne à la police et à l’agence anticorruption d’enquêter sur la Commission électorale pour “irrégularités” et actes “illégaux” présumés lors de la présidentielle.
– Changement des règles du jeu –
Fin septembre, l’opposition dénonce la volonté du parti au pouvoir de modifier en urgence la loi électorale avant la présidentielle. Ses partisans multiplient les manifestations pour réclamer une réforme de l’IEBC avant la présidentielle, qu’ils menacent de boycotter si leurs exigences ne sont pas satisfaites.
Raila Odinga dénonce les manoeuvres du pouvoir visant à débaucher des responsables de l’opposition.
– Odinga se retire –
Le 10 octobre, Raila Odinga annonce son retrait, à 16 jours de la nouvelle élection. Il réclame son annulation et exige l’organisation d’un nouveau processus électoral à une date ultérieure.
Le 18 octobre, une des sept membres de l’IEBC démissionne, accusant ses collègues de partialité politique. Le président de la Commission s’estime incapable de garantir l’équité de l’élection et dénonce des “interférences” politiques.
Le 19 octobre, Raila Odinga estime qu’il n’est pas trop tard pour faire les réformes qui pourraient l’amener à “reconsidérer” sa décision de se retirer du scrutin.
Le lendemain, le leader de l’opposition et son rival Uhuru Kenyatta lancent tous deux des appels au calme.
– Violences et faible participation –
Le 26 octobre, les Kényans sont appelés à élire leur président, après l’invalidation en justice du scrutin du 8 août. Mais les opérations de vote sont compliquées, voire impossibles à mener, dans quatre comtés de l’Ouest acquis à l’opposition, qui boycotte l’élection.
Des violences se déroulent dans les bastions de l’opposition entre certains de ses partisans, qui tentent de bloquer l’accès aux bureaux de vote, et la police.
En deux jours, au moins sept personnes ont été tuées par balle et des dizaines blessées dans des bidonvilles de Nairobi et l’Ouest, selon des sources hospitalière et policière.
Au total, au moins 47 personnes ont été tuées depuis le 8 août, la plupart dans la répression brutale des manifestations par la police.
– Le scrutin reporté dans l’Ouest –
Le 27 octobre, le président de l’IEBC annonce que le scrutin prévu le lendemain dans quatre comtés de l’Ouest, où la présidentielle n’a pu avoir lieu en raison des violences, a été reporté sine die. L’opposition avait auparavant appelé ses supporteurs à ne pas se déplacer pour éviter de mettre leur vie en danger.

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