Posted On octobre 18, 2017 By In Non classifié(e) With 274 Views

La justice statuera le 2 novembre sur la demande d’extradition d’un proche de l’ex-président Ben Ali

Aix-en-Provence, 18 oct 2017 (AFP)

La cour d’appel d’Aix-en-Provence se prononcera le 2 novembre sur la demande d’extradition formée par la Tunisie contre Moncef El Materi, 82 ans, un proche de l’ex-président déchu Zine El Abidine Ben Ali.
Les avocats de cet ancien sénateur ont réclamé, lors d’une audience mercredi, que les juges français émettent un avis défavorable à cette demande d’extradition “scandaleusement motivée par des raisons politiques”. L’avocat général Serge Bocoviz a, de son côté, requis un supplément d’information “en raison des carences de la demande d’extradition imprécise adressée par la Tunisie”.
Résidant à Paris, Moncef El Materi, sénateur jusqu’en 2011, avait été interpellé le 10 juin à la descente d’un bateau de croisière faisant escale à Marseille, en vertu d’un mandat d’arrêt international délivré le 28 septembre 2011 pour “formation ou affiliation à une bande de malfaiteurs dans le but de commettre un attentat contre les personnes ou les biens et complicité de blanchiment par un groupe organisé”.
La demande d’extradition transmise à la France fait également état de trois jugements ayant condamné par défaut M. El Materi en 2012 à des peines de cinq ans, huit ans, et 15 mois d’emprisonnement pour plusieurs délits tels que concussion et détournement de vestiges archéologiques. Père de Sakher El Materi, le gendre préféré de Ben Ali et de son épouse Leila Trabelsi, Moncef El Materi fait les frais, selon son avocat Me Antonin Lévy, du “torrent de poursuites lancées contre son fils. On cherche le fils et on tape sur le père à côté”.
Selon Me Levy, l’octogénaire placé sous contrôle judiciaire en raison de son état de santé “extrêmement déplorable”, ferait l’objet de la “purge” qui a accompagné la transition démocratique en Tunisie. Il a qualifié la demande d’extradition de “pauvre, mal fondée et scandaleusement motivée politiquement”. Selon Me Ophélia Claude, l’ancien proche de Ben Ali pourrait par ailleurs bénéficier d’une prochaine loi d’amnistie en discussion en Tunisie.
Lors d’une précédente audience, le parquet général avait requis un avis favorable à l’extradition mais, mercredi, il a considéré que la “cour d’appel n’était pas complètement éclairée” sur les faits. A l’audience, ses avocats ont rappelé que Moncef El Materi, à l’époque militaire, avait été condamné à mort en 1962 pour sa participation à un coup d’Etat avorté contre Habib Bourguiba. Sa peine avait finalement été commuée en une condamnation aux travaux forcés à perpétuité. Il avait été libéré au bout de dix années de la prison de Nadhour, prés de Bizerte, de sinistre réputation.

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