Freetown, 11 mai 2017 (AFP)

Le gouvernement sierra-léonais a annoncé son intention de vendre en Belgique un diamant brut de 709 carats découvert en mars, jugeant insuffisantes les enchères jeudi à Freetown, dont la meilleure offre a atteint 7,77 millions de dollars, a constaté un correspondant de l’AFP.
Ces enchères, les premières à se tenir dans le pays pour un diamant de cette taille, selon les autorités, avaient déjà été reportées le 5 avril en raison de la faiblesse des offres reçues.
Elle se tenaient à la Banque centrale à Freetown, où la pierre a été placée peu après sa découverte en mars dans la province diamantifère de Kono, dans l’est du pays.
L’offre de 7,7 millions de dollars (environ 7,2 millions d’euros) a été faite par un citoyen britannique, Ziad al-Ahmadi, responsable d’une société spécialisée installée à Anvers (Belgique), un des plus importants centres au monde pour le commerce des diamants bruts et taillés.
Mais aucune enchère n’ayant atteint l’estimation minimale fixée par le gouvernement – dont le montant n’a pas été communiqué – celui-ci a décidé de le commercialiser à Anvers, dans l’espoir d’obtenir un prix supérieur.
« Nous allons vendre le diamant en Belgique, à Anvers, pour obtenir le meilleur prix, dans les prochaines semaines », a déclaré aux journalistes le directeur général de l’Agence nationale des Mines (NMA), Sahr Wonday.
Ce diamant, découvert par les employés de l’entreprise de prospection minière appartenant à un pasteur évangélique, Emmanuel Momoh, serait entre le 10e et le 15e plus gros jamais trouvé dans le monde, selon des experts, et le plus important depuis près d’un demi-siècle en Sierra Leone.
Présent aux enchères avec sa femme et plusieurs de ses employés, M. Momoh s’est dit très déçu par le montant des offres.
« Je veux que mon diamant soit vendu à l’étranger afin d’en tirer le meilleur prix, pour que le plus grand nombre possible de personnes en bénéficient », a-t-il déclaré à l’AFP, indiquant en espérer « pas moins de 50 millions de dollars ».
Le plus offrant, M. Ahmadi, a pour sa part affirmé à la presse douter que le prix puisse dépasser de beaucoup les 7 millions de dollars, en raison de sa couleur.
Le trafic de diamants, notamment à destination du Liberia voisin, a laissé des souvenirs douloureux en Sierra Leone où il a alimenté l’effroyable guerre civile qui a sévi dans le pays de 1991 à 2002.
La controverse autour des « diamants du sang », ces pierres précieuses ayant servi à financer des conflits en Afrique, comme en Angola ou en Sierra Leone, a abouti au régime international de certification dit « de Kimberley », entré en vigueur en 2003, qui fixe les conditions d’exportation des diamants pour ses 75 Etats membres.