Khartoum, 6 avr 2017 (AFP)

Le Soudan se trouve face à « ce qu’on pourrait considérer comme une situation d’urgence », avec près de 1.500 Sud-Soudanais qui entrent quotidiennement dans le pays pour fuir la guerre et la famine, a indiqué jeudi un responsable soudanais.
Le Soudan du Sud, indépendant depuis 2011, a déclaré en février l’état de famine dans certaines régions du pays, où 100.000 personnes seraient en proie à la faim.
Plus de 60.000 réfugiés sud-soudanais, principalement des femmes et des enfants, sont entrés au Soudan au cours des trois premiers mois de 2017, selon l’ONU, et les responsables onusiens et soudanais s’attendent à ce que cet afflux continue.
« Nous sommes dans ce qu’on pourrait considérer comme une situation d’urgence … et nous n’avons jusque là pas reçu d’aides financières que pour satisfaire les besoins existentiels », a regretté le responsable soudanais chargé des réfugiés, Hamad Elgizouli, qui a estimé que 1.500 Sud-Soudanais entraient chaque jour au Soudan.
Le nombre « augmente de jour en jour, ce qui prouve à quelle point la situation est terrible au Soudan du Sud », a déclaré Noriko Yoshida, le représentant soudanais au Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).
« Nous estimons à 180.000 le nombre de Sud-Soudanais qui entreront au Soudan d’ici la fin de 2017 », a-t-il ajouté.
Fin mars, le Soudan a ouvert un « couloir humanitaire » pour livrer de l’aide alimentaire à des milliers de personnes frappées par la famine dans les régions sud-soudanaises d’Unité et Bahr al-Ghazal.
Des ONG ont dénoncé une famine causée par plus de trois ans d’une guerre civile qui a forcé des populations à fuir, perturbé l’agriculture, engendré de l’inflation et priver les organisations humanitaires d’accès à des régions parmi les plus touchées.
Le Soudan du Sud a obtenu son indépendance du Soudan et a plongé en décembre 2013 dans une guerre civile qui a fait des dizaines de milliers de morts et plus de trois millions de déplacés. Plus de 365.000 Sud-Soudanais ont trouvé refuge au Soudan depuis le début du conflit.