Posted On avril 6, 2017 By In Non classifié(e) With 351 Views

Législatives en Gambie: premier scrutin post-Jammeh, affluence timide

Banjul (Gambie), 6 avr 2017 (AFP)

Les Gambiens élisaient jeudi leurs députés, premier scrutin depuis le départ de Yahya Jammeh, suscitant l’espoir d’un rééquilibrage des pouvoirs après 22 ans de toute-puissance de l’exécutif, mais la participation s’annonçait décevante.
Un peu plus de 886.000 électeurs, sur quelque 2 millions d’habitants, doivent choisir leurs députés parmi 238 candidats, issus de neuf partis politiques ou de listes indépendantes, un record de candidatures, selon la Commission électorale (IEC). Les premiers résultats sont attendus dès jeudi soir.
Aucun incident n’a été signalé après l’ouverture des bureaux de vote à 08H00, mais l’affluence était faible à Jeshwang, comme à Bakau, deux quartiers situés à la périphérie de Banjul, la capitale, ont constaté des journalistes de l’AFP.
La Commission électorale ne cachait pas sa préoccupation à la mi-journée. “Nous espérons que la participation va augmenter” avant la fermeture des bureaux de vote à 17H00 (locales et GMT), a reconnu son vice-président Manneh Sallah.
Un constat partagé par la mission d’observation électorale déployée par l’Union européenne.
“Nous avons ouvert certains bureaux à 08H00 du matin, où il y avait une participation importante et maintenant la participation est un peu plus faible”, a précisé une membre de la mission, la députée belge au Parlement européen Maria Arena.
En Gambie, pays anglophone enclavé dans le territoire sénégalais hormis sa façade atlantique, le Parlement monocaméral compte 58 députés: 53 élus et cinq nommés par le président pour un mandat de cinq ans.
Yahya Jammeh est parti en exil en Guinée équatoriale en janvier, à la suite d’une intervention militaire de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) et d’une ultime médiation guinéo-mauritanienne pour le forcer à céder le pouvoir.
Déclaré battu de moins de 20.000 voix par Adama Barrow, candidat d’une large coalition, à l’élection présidentielle du 1er décembre après plus de 22 ans de pouvoir sans partage, il a contesté pendant six semaines sa défaite.
Un des principaux enjeux des législatives devrait être de mesurer la capacité du parti de M. Jammeh, l’Alliance patriotique pour la réorientation et la construction (APRC) à surmonter son départ, ainsi que le poids respectif des partis de la coalition, qui se présentent séparément à ce scrutin.
“Le seul moyen pour nous Gambiens de consolider notre démocratie fraîchement acquise est d’élire des personnes compétentes pour nous représenter au Parlement et faire du programme de réforme du gouvernement une réalité”, a confié une électrice, Fatou Suwareh.
“Nous votons pour ceux qui faciliteront le retour de notre héros”, a affirmé un autre, Omar Bojang. “Le président Jammeh est notre leader”, a-t-il lancé.
– ‘Pas de division’ –
Le ministre des Affaires étrangères Ousainou Darboe, chef du Parti démocratique unifié (UDP), principale formation d’opposition au régime Jammeh, s’est dit confiant dans les chances des 44 candidats de l’UDP, parti auquel appartenait Adama Barrow avant d’en démissionner pour représenter la coalition contre Yahya Jammeh.
“Il n’y a pas de division” au sein du gouvernement, a assuré M. Barrow après avoir voté. “Chacun est libre d’exercer ses droits dans ce pays”, a-t-il dit.
Le nouveau chef de l’APRC, Fabakary Tombong Jatta, a prédit de bons résultats pour son parti, présent dans 29 circonscriptions, jugeant le bilan des débuts de l’administration Barrow “plein d’échecs dans tous les domaines”.
“La plupart des partisans de la coalition se sont rendu compte que l’APRC avait apporté un développement sans précédent au pays”, a-t-il affirmé.
Mais entre l’ex-parti au pouvoir et une coalition désunie, le Congrès démocratique de Gambie (GDC), la formation de Mama Kandeh, arrivé en troisième position à l’élection présidentielle, pourrait tirer son épingle du jeu, selon des analystes.
“Quand la coalition s’est disloquée, il a fallu choisir chacun un parti”, a témoigné Yaisa Jawara, une électrice du GDC.
En 2012, l’APRC avait remporté une victoire écrasante aux élections législatives, boycottées par la majeure partie de l’opposition.
L’Union africaine et la Cédéao – dont les troupes sont toujours présentes à la demande de M. Barrow – ont également envoyé des observateurs.

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