Nations unies (Etats-Unis), 20 juil 2017 (AFP)

Les Etats-Unis ont prévenu jeudi le Soudan du Sud qu’un nouveau plan de paix, visant à consolider l’accord de paix non respecté de 2015, représentait « la dernière chance » pour Juba de mettre fin à la guerre civile qui déchire le pays depuis quatre ans.
L’ambassadrice adjointe américaine auprès des Nations unies, Michele Sison, a indiqué aux membres du Conseil de sécurité que Washington réévaluerait son soutien à l’accord de paix signé il y a deux ans, mais qui a depuis volé en éclats, par le président Salva Kiir et son rival Riek Machar, si le nouveau plan n’était pas respecté.
Washington commence à s’impatienter du manque de résultats des dirigeants sud-soudanais, qui ont obtenu leur indépendance du Soudan il y a six ans, fortement soutenus par les Etats-Unis.
« L’heure est à l’action », a dit Michele Sison devant le Conseil de sécurité.
Ce plan, validé par l’Autorité intergouvernementale sur le développement (IGAD), est « la dernière chance de sauver l’accord de paix », a-t-elle ajouté.
L’IGAD est tombé d’accord ce mois-ci pour mettre en place un « forum de revitalisation » visant à mettre en place un cessez-le-feu permanent et à relancer les négociations pour mettre fin au conflit, comme le réclament les différents dirigeants régionaux.
« Si les dirigeants du Soudan du Sud ne participent pas à ce forum, de bonne foi, les Etats-Unis devront réévaluer leur position et leur soutien à l’accord de paix et à ses organes d’exécution », a prévenu Michele Sison.
Tekeda Alemu, l’ambassadeur d’Ethiopie – pays membre de l’IGAD – à l’ONU, a confirmé que la région s’exprimait « d’une seule voix » à propos du Soudan du Sud, et qu’il n’existait « aucune alternative viable » à ce plan.
Les Etats-Unis ont appelé à plusieurs reprises à un embargo sur les armes et souhaitent sanctionner les acteurs qui ne respectent pas les accords de paix au Soudan du Sud.
« Le Conseil de sécurité attend et attend, mais rien ne change au Soudan du Sud », a regretté Michele Sison.
3,5 millions de personnes ont été déplacées, et des dizaines de milliers d’autres ont été tuées à cause de ce conflit, qui a réveillé des rivalités ethniques entre Dinka et Nuer et d’autres populations.