Nations unies (Etats-Unis), 8 nov 2017 (AFP)

La Cour pénale internationale (CPI) a besoin de davantage de moyens financiers pour enquêter en Libye et d’une pleine coopération de ce pays dans la lutte contre les crimes de guerre, a affirmé mercredi sa procureure devant le Conseil de sécurité.
« Le manque de ressources continue d’être un problème majeur » pour enquêter en Libye, a affirmé Fatou Bensouda, lors d’une réunion du Conseil consacrée à la Libye. La Cour reçoit diverses aides des membres du Conseil et des parties prenantes à la CPI « mais les ressources financières modestes affectées à toutes les enquêtes en cours doivent être augmentées pour avoir les moyens adéquats nous permettant de remplir notre mission », a-t-elle souligné.
La procureure a ajouté que les enquêtes de ses services étaient altérées par l’insécurité qui continue de régner en territoire libyen. « Elle empêche mes équipes d’opérer en Libye », a affirmé Fatou Bensouda
« Si des crimes graves continuent d’être commis en Libye, je n’hésiterais pas à émettre de nouveaux mandats d’arrêt », a aussi averti la procureure. « Ces crimes doivent cesser » et dans les affrontements les belligérants « doivent respecter le droit international et humanitaire », a-t-elle réclamé.
Dans un récent rapport pour le Conseil de sécurité, Fatou Bensouda souligne que ses services restent « déterminés » à agir en Libye. « Toutefois, si l’on veut que les poursuites engagées devant la Cour puissent progresser sensiblement, il faut que les promesses faites par la Libye en matière de coopération soient tenues », ajoute-t-elle.
La CPI a délivré plusieurs mandats d’arrêts concernant des individus en Libye mais peine à faire arrêter les suspects. La procureure a notamment réclamé plusieurs fois à la Libye l’arrestation d’un commandant, Mahmoud Mustafa Busayf Al-Werfalli, soupçonné d’avoir été impliqué dans la mort de 33 personnes.
« Mes services ont recu des informations indiquant que M. Al-Werfalli est toujours en liberté, reste commandant au sein de la brigade A1-Saiqa, et pourrait être impliqué dans d’autres meurtres », a indiqué au Conseil de sécurité Fatou Bensouda, en précisant enquêter sur ces allégations.
La Cour pénale internationale a son siège à La Haye. Il s’agit d’une juridiction unique destinée à poursuivre les plus hauts responsables de génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre lorsque les justices nationales ne le peuvent ou ne le veulent pas.