Posted On octobre 27, 2017 By In Non classifié(e) With 253 Views

L’Ofpra a mené sa première mission d’identification de réfugiés au Tchad

Paris, 27 oct 2017 (AFP)

L’Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides) a mené cette semaine sa première mission d’identification de réfugiés au Tchad, conformément aux engagements pris par la France ces derniers mois, a indiqué vendredi le directeur général de l’organisme Pascal Brice.
La mission, menée de lundi à jeudi, “a permis d’entendre sur place 240 personnes” déjà inscrites sur des listes fermées proposées par le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR), a précisé à l’AFP M. Brice.
Il s’agit de personnes originaires “du Soudan et de Centrafrique”, notamment “des familles, qui arriveront prochainement en France” dans le cadre des programmes de “réinstallation” du HCR, a-t-il ajouté. Parmi eux se trouvent “100 mineurs”.
Le HCR sélectionne les réfugiés sur des critères de vulnérabilité (notamment survivants de torture, femmes exposées à des risques de violences, cas médicaux…) pour qui la réinstallation dans un autre pays offre la meilleure chance de protection. Ils proviennent pour beaucoup de camps de réfugiés où ils ont déjà été identifiés, a précisé la porte-parole du HCR en France, Céline Schmitt.
Cette réinstallation, sur le modèle de programmes initiés ces dernières années en Turquie, au Liban et en Jordanie pour des Syriens notamment, permet aux personnes sélectionnées d’obtenir très rapidement le statut de réfugié une fois qu’elles arrivent en France, l’instruction des dossiers ayant débuté sur place.
Après le Tchad, une mission de l’Ofpra au Niger devrait ensuite rapidement avoir lieu, puis d’autres seront menées régulièrement dans ces deux pays d’ici la fin 2019, comme l’avait annoncé Emmanuel Macron début septembre, a précisé M. Brice.
Une décision de principe sur la réinstallation depuis le Tchad et le Niger avait été prise fin août lors d’un sommet à Paris avec les dirigeants de ces deux pays ainsi que de plusieurs pays européens.
La France compte accueillir 3.000 réfugiés ayant transité par le Niger et le Tchad au cours des deux prochaines années, dans le cadre d’un engagement portant sur 10.000 personnes “réinstallées” – les autres provenant notamment du Liban et de Jordanie.
M. Macron avait précisé en septembre que ces missions visaient aussi à “prévenir un afflux de migrants économiques”, non éligibles au droit d’asile, en droite ligne de la dichotomie promettant un accueil digne aux réfugiés et une politique ferme de reconduite aux frontières pour ceux n’ayant pas droit au séjour.
Cette distinction est vivement critiquée par les associations qui y voient un “tri” entre “bons” et “mauvais” migrants.
En septembre, le HCR avait demandé que la communauté internationale s’engage sur 40.000 places de réinstallations supplémentaires pour les réfugiés présents dans 15 pays prioritaires le long de la route de la Méditerranée centrale. Pour l’instant, la France est la seule à avoir annoncé un engagement chiffré, même si “d’autres pays ont montré leur volonté d’offrir des places” et “sont en phase de planification”, selon le HCR.
Selon l’envoyé spécial du HCR pour la Méditerranée centrale, Vincent Cochetel, le nombre de personnes vulnérables ayant besoin d’un transfert s’élève à “83.500 au Tchad et 10.500 au Niger”.

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