Rabat, 11 juil 2017 (AFP)

La fécondité au Maroc a été divisée par trois depuis les années 60, à 2,21 enfants par femme, du fait essentiellement de la contraception et du recul de l’âge du mariage, a indiqué mardi le Haut-Commissariat au Plan (HCP) marocain.
« Le nombre moyen d’enfants par femme, après avoir culminé à plus de 7 au cours des années 1960, a chuté à près de 2,21 en 2014 », explique HCP dans un rapport publié.
Dans les villes (2,01), ce taux est même inférieur au « niveau de remplacement des générations », selon la même source. Il est de 2,55 en milieu rural.
Cette baisse de la fécondité, qui « avait nécessité près de deux siècles en France », s’est faite au Maroc « en moins de trente ans ».
« Le changement dans le calendrier de la nuptialité et, dans une grande mesure, le recours de plus en plus massif à la contraception sont les principaux facteurs qui expliquent cette transition rapide », selon le HCP.
« Avec la fin des mariages précoces et plus souvent arrangés dès la puberté », l’âge du premier mariage des femmes est passé de vingt ans dans les années 60 à plus de 25,7 ans en 2014.
L’usage de la contraception féminine a connu également une augmentation très importante: de 6% en 1960 à 67% en 2011.
L’amélioration de la condition de la femme, notamment de sa scolarisation, a été un facteur clé de la transition de la fécondité, selon le HCP. Leur taux d’alphabétisation est aujourd’hui de 58%, pour 4% en 1960.
Pour le HCP, cette baisse de la fécondité est « une aubaine démographique » pour le pays (35 millions d’habitants) car elle est conjuguée à une « forte croissance de la population potentiellement active et un poids des générations âgées encore supportable ».