Al Hoceima (Maroc), 7 mai 2017 (AFP)

Le gouverneur de la région nord du Maroc a dénoncé dimanche les « intox » des leaders de la contestation dans la province d’Al-Hoceïma, qui devront répondre « devant la justice de leurs appels à la violence ».
« Al-Hoceïma est une ville normale, qui fonctionne normalement et dont les institutions travaillent. Il y a simplement de temps en temps des manifestations, mais moins nombreuses que dans d’autres provinces », a déclaré à l’AFP Mohamed El Yaakoubi.
La province d’Al-Hoceïma, dans la région du Rif, est régulièrement le théâtre de manifestations depuis la mort fin octobre d’un vendeur de poisson, broyé dans une benne à ordures. Menées par des activistes locaux, ces manifestations ont pris au fil des mois une tournure plus sociale et politique pour exiger le développement d’une région qu’ils estiment marginalisée.
« Tout est virtuel. A voir les profils facebook de ces gens, on pourrait croire que la ville est en feu, alors qu’il n’en est rien », a assuré M. El Yaakoubi, lors d’un entretien dans son bureau à Al-Hoceïma.
Le dernier rassemblement samedi soir, en forme de concert de casseroles, a regroupé autour d’un millier de personnes.
« Le discours de ces gens (les meneurs, ndlr) est une succession d’intox. Ils disent tout et leur contraire », a-t-il fustigé, dénonçant des « appels à la violence », ainsi qu’un « discours de terreur et d’instrumentalisation ».
« Il faut voir leur propagande sur facebook, avec des insultes, des attaques personnelles graves contre des élus. Ces gens n’acceptent aucun avis contraire et désignent comme +traîtres+ tous ceux qui ne sont pas d’accord avec eux », a souligné M. El Yaakoubi, évoquant une dimension religieuse « pour ratisser large ».
« Une procédure (judiciaire) est déjà en cours. (…) La justice dira qui tire les ficelles », a ajouté le gouverneur.