Posted On septembre 29, 2017 By In Non classifié(e) With 427 Views

Maroc: un ministre justifie l’expulsion d’un journaliste du Guardian

Rabat, 29 sept 2017 (AFP)

Le ministre marocain de la Communication a justifié vendredi l’expulsion d’un journaliste du Guardian en expliquant qu’il “n’avait pas reçu d’autorisation” des autorités pour se rendre dans la région septentrionale du Rif en tant que reporter.
Saeed Kamali Dehghan avait assisté en début de semaine au sommet “Women in Africa” à Marrakech, dans le sud du Maroc, avant d’aller à Al-Hoceïma, épicentre d’un mouvement de contestation qui secoue le nord du pays depuis près d’un an.
“Il s’est présenté comme touriste et non comme journaliste. A Al-Hoceïma, il a fait des interviews alors qu’il n’avait pas reçu d’autorisation du ministère de la Communication”, a déclaré à l’AFP le ministre Mohamed Lâaraj.
M. Dehghan a été interpellé par les autorités locales, qui l’ont conduit à l’aéroport de Casablanca où il a pris le premier vol pour Londres.
“Nous sommes surpris qu’un journaliste respecté du Guardian qui faisait des reportages au Maroc ait dû quitter le pays et nous allons étudier plus en détail les circonstances” de son expulsion, avait réagi jeudi le quotidien britannique dans un communiqué.
De nationalité irano-britannique, le journaliste est basé à Londres, siège du journal, et couvre principalement l’Iran.
En 2010, il avait été récompensé du titre de journaliste de l’année par la Foreign press association (Association de la presse étrangère, FPA), pour sa couverture des manifestations à Téhéran qui avaient suivi l’élection présidentielle de 2009.
Il est le quatrième journaliste étranger expulsé en 2017 du Maroc, après Djamel Alilat du quotidien algérien El Watan et les Espagnols José Luis Navazo et Fernando Sanz du Correo Diplomatico. Tous étaient venus couvrir le mouvement de contestation qui agite la région du Rif.
“Depuis le début de l’année, nous avons accordé près de 900 autorisations à des journalistes étrangers. Il n’y a eu aucun cas de refus. Quand un journaliste est autorisé, cela nous permet aussi de le protéger car il est sous notre responsabilité”, a martelé le ministre marocain.
Après l’expulsion des deux journalistes espagnols en juillet, l’organisation Reporters sans frontières (RSF) avait dénoncé “l’escalade de violations de la liberté de la presse” dans le Rif. Le Maroc a reculé de deux places (133e sur 180 pays) dans le dernier classement mondial de RSF sur la liberté de la presse.

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