Rabat, 22 mai 2017 (AFP)

Une importante délégation gouvernementale s’est rendue lundi à Al-Hoceïma, ville du nord du Maroc théâtre depuis six mois de manifestations populaires, pour y accélérer les projets de développement de la région, l’une des principales revendications des contestataires.
Conduite par le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, la délégation -comptant pas moins de sept ministres- est arrivée en fin de matinée à Al-Hoceïma pour évaluer les chantiers en cours dans la province et tenir des consultations avec des responsables locaux, a constaté un vidéaste de l’AFP.
Le ministre de l’Agriculture et de la Pêche, Aziz Akhannouch, a ainsi visité le port, principale activité économique de la ville, où il a réaffirmé le soutien de l’Etat aux pêcheurs.
« Il y a des solutions pour tous les problèmes. Il faut juste les soulever de manière claire », a-t-il commenté.
Dans la région du Rif, réputée frondeuse et conservatrice, la province d’Al-Hoceïma est le théâtre de manifestations récurrentes depuis la mort fin octobre 2016 d’un vendeur de poisson, broyé accidentellement dans une benne à ordures.
L’incident avait suscité l’indignation dans le pays, prenant la forme à Al-Hoceïma d’un mouvement plus social et politique.
Mené par un groupe d’activistes locaux, le « hirak » (la mouvance) pose de nombreuses revendications pour le développement du Rif, qu’il estime marginalisé.
L’Etat met en avant les importants efforts financiers consentis ces dernières années et a multiplié les annonces en faveur de l’économie locale. Des ministres ont fait à plusieurs reprises le déplacement ces six dernières mois, sans néanmoins réussir a éteindre la contestation.
La dernière manifestation en date, jeudi, a rassemblé une nouvelle fois des milliers de personnes derrière le leader du mouvement, Nasser Zefzafi, un chômeur d’une quarantaine d’années aux discours enflammés contre le « makhzen » (pouvoir).
« Tous les indices montrent qu’Al-Hoceïma est devenu la priorité » du gouvernement qui « cherche à reprendre la main », estimait lundi matin la presse locale, à propos de cette nouvelle visite ministérielle.