Durban (Afrique du Sud), 4 mai 2017 (AFP)

Le président du Zimbabwe Robert Mugabe a affirmé jeudi contre toute évidence que son pays, qui traverse depuis des années une très grave crise économique et financière, était « le pays le plus développé d’Afrique après l’Afrique du Sud ».
Agé de 93 ans, le maître absolu du Zimbabwe depuis son indépendance en 1980 a fait une apparition au Forum économique mondial sur l’Afrique réuni à Durban (est).
Interrogé lors d’une discussion sur les Etats « en échec », M. Mugabe a démenti dans un grand éclat de rire que le sien faisait partie de cette catégorie.
« Bien sûr que ce n’est pas vrai (…) Nous ne sommes pas un pays pauvre et nous ne pouvons pas être un état fragile », a-t-il assuré, affalé dans son fauteuil.
« Je peux considérer l’Amérique comme fragile, ils se sont mis à genou devant la Chine », a poursuivi le chef de l’Etat.
« Le Zimbabwe est le pays le plus développé d’Afrique après l’Afrique du Sud, je voudrais savoir quel pays à le niveau de développement que nous avons atteint au Zimbabwe », a-t-il insisté, citant notamment son niveau d’éducation.
Le Zimbabwe se débat depuis le début des années 2000 et une funeste réforme agraire dans une crise économique et financière dévastatrice qui a plongé ses 15 millions d’habitants dans le chômage de masse et la plus extrême pauvreté.
Près de 90% de la population active est officiellement au chômage et 80% du budget de l’Etat sert à payer ses fonctionnaires.
Lors de la même discussion jeudi, la directrice exécutive d’Oxfam Winnie Byanyima, a accusé, sans les nommer, les dirigeants autoritaires d’être responsables des difficultés du continent.
« Nos dirigeants disent que nous sommes riches, développés, que nous avons des ressources, mais le peuple ne voit rien de tout ça », a-t-elle déploré, « donnons-nous une chance, il est important d’avoir des élections libres et transparentes ».
M. Mugabe a déjà annoncé son intention de briguer un nouveau mandat en 2018.