Niamey, 19 avr 2017 (AFP)

Le ministre de l’Enseignement supérieur du Niger Mohamed Ben Omar, dont le départ était posé comme « préalable » par les étudiants à tout dialogue avec les autorités, a été remplacé, selon un communiqué officiel diffusé mardi.
Les étudiants, dont quatre leaders arrêtés ont été libérés mardi, ont lancé le 10 avril un important mouvement de protestation qui a conduit à des affrontements avec les forces de l’ordre et la fermeture pendant plusieurs jours du campus. Un étudiant est décédé dans des conditions restant à déterminer.
Selon un décret signé par le président Mahamadou Issoufou, Mohamed Ben Omar et le ministre de l’Emploi et du Travail Yahouza Sadissou échangent leur portefeuille ministériel.
« Ce remaniement technique est le fruit d’un besoin ressenti par le président de la République de ramener la sérénité dans le secteur de l’Enseignement supérieur (…) suite aux événements regrettables à tout point de vue du 10 avril », a précisé Gandou Zakara, secrétaire général du gouvernement qui a lu le communiqué à la télévision nationale.
Le départ de Mohamed Ben Omar était « un des trois préalables » de l’Union des scolaires nigériens (USN) « avant tout dialogue » avec les autorités sur la crise universitaire.
Le syndicat accuse M.Ben Omar « d’avoir fait violer les franchises universitaires » par « les forces de l’ordre qui ont réprimé les étudiants » sur leur campus.
Le deuxième préalable est l’ouverture « d’une enquête indépendante » pour faire « la lumière sur la mort d’un étudiant ». Les autorités ont fait état du décès d’un « manifestant blessé suite à une chute », sans lien avec les « opérations de maintien de l’ordre ». L’USN a affirmé que la victime, Mala Bagalé, un étudiant en troisième année de sociologie, avait succombé après avoir été atteint par « une grenade lacrymogène ».
Le troisième préalable de l’USN était « la libération » de quatre dirigeants étudiants. Ces quatre étudiants ont tous été libérés mardi en début de soirée, selon une source syndicale et le responsable d’une ONG, qui ont assisté à leur sortie de la prison civile de Niamey.
Pour faire aboutir ces trois préalables, l’USN avait décrété « la suspension des cours dans tout le pays, jusqu’à nouvel ordre ».