Tunis, 7 avr 2017 (AFP)

La France appelle les parties libyennes à « un nouvel élan » en vue d’une solution politique dans ce pays en proie à un chaos persistant, a déclaré vendredi le Premier ministre Bernard Cazeneuve à l’issue d’une rencontre avec son homologue libyen Fayez al-Sarraj.
En visite à Tunis, M. Cazeneuve en a profité pour s’entretenir avec le Premier ministre Sarraj, dont le gouvernement ne parvient toujours pas à asseoir son autorité en Libye un an et demi après la signature des accords de Skhirat (Maroc), qui le consacrent pourtant comme « seul légitime ».
« Je lui ai confirmé le plein et entier soutien de la France au conseil présidentiel ainsi qu’à son gouvernement », a déclaré le dirigeant français au terme de cette rencontre.
Face au chaos politique et sécuritaire persistant, Bernard Cazeneuve a exhorté « à redoubler d’efforts en vue d’une situation politique » en Libye.
« Un nouvel élan du processus politique interlibyen est donc nécessaire et la France appelle l’ensemble des parties libyennes à s’engager résolument dans ce dialogue », a-t-il dit, réaffirmant qu’aux yeux de Paris la solution dans ce pays ne pouvait être « que politique » et « en aucun cas militaire ».
Bernard Cazeneuve a par ailleurs indiqué avoir « félicité » son homologue libyen « pour les succès remportés (…) dans la lutte contre le terrorisme, en particulier à Syrte », un ancien fief du groupe Etat islamique (EI) dont l’organisation ultra-radicale a été chassée fin 2016.
Le drame de l’immigration illégale en Méditerranée a aussi été discuté, selon le Premier ministre français.
« M. Sarraj et moi-même sommes d’accord sur le caractère inacceptable d’une situation qui condamne à mort des milliers de personnes », a rapporté M Cazeneuve.
« La France attend de la nouvelle Libye qu’elle soit en mesure de mettre en oeuvre les mesures de contrôle nécessaires », a-t-il ajouté.
Plongée dans le chaos depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye est livrée aux milices, tandis qu’une armée liée à une autorité rivale dans l’est du pays ne reconnaît pas le gouvernement d’union basé à Tripoli.