Posted On mai 23, 2017 By In Non classifié(e) With 346 Views

Pétrole : l’Opep cherche à prolonger son accord de neuf mois, selon l’Algérie

Vienne, 23 mai 2017 (AFP)

L’Opep et ses partenaires, toujours en quête d’une remontée durable des cours du brut, vont chercher à reconduire leurs limitations de production de pétrole jusqu’à la fin du premier trimestre 2018 au cours de réunions jeudi à Vienne, a déclaré mardi le ministre algérien de l’Energie.
Bousculé par l’industrie américaine des pétroles non conventionnels, le cartel a déjà tenté au premier semestre de retrouver son rôle d’arbitre du marché en s’alliant à d’autres producteurs, dont la Russie, pour limiter leur production et donc l’offre mondiale.
L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) s’était ainsi engagée fin 2016 à abaisser sa production de 1,2 million de barils par jour par rapport à sa production d’octobre dernier. En incluant ses partenaires, la baisse visée était de 1,8 million de barils par jour.
Le cartel va discuter d’une prorogation au même niveau pour neuf mois de son accord, a déclaré le ministre algérien de l’Energie et l’un des meneurs de l’accord de fin 2016, Noureddine Boutarfa, mardi à Vienne, où il est arrivé pour participer aux rencontres qui auront lieu jeudi sur le sujet.
“Neuf mois, ça me paraît bien”, a-t-il lancé aux journalistes.
L’Arabie Saoudite et la Russie, les deux premiers producteurs mondiaux, avaient déjà envisagé un tel effort, une proposition également soutenue par l’Irak depuis lundi.
Les investisseurs ont en conséquence peu de doutes sur l’issue du sommet, ont expliqué plusieurs experts à l’AFP.
“Il est plus facile d’imaginer de bonnes surprises, par exemple que la Libye et le Nigeria (qui avaient été dispensés d’une baisse de leur production en raison des maux politiques perturbant déjà le fonctionnement de leur industrie pétrolière, ndlr) accepteraient de limiter leur production”, a ajouté Thomas Pugh, analyste chez Capital Economics.
Dimanche, le ministre saoudien du Pétrole a laissé entendre que les partenaires pourraient être rejoints par “deux ou trois producteurs” et s’est dit optimiste sur le fait qu’il y aurait une prolongation de l’accord.
– Des marchés sceptiques –
L’Opep doit en effet multiplier les efforts pour séduire des marchés peu convaincus par la performance des premiers mois de l’année, les réserves mondiales ayant augmenté alors que cette organisation vise à les rabaisser à leur niveau moyen des cinq dernières années.
La responsable de cet afflux d’offre est à nouveau l’industrie américaine du pétrole de schiste. Après des années de vaches maigres qui ont poussé ces entreprises à réduire leurs coûts, elles sont nombreuses à clamer pouvoir désormais dégager un bénéfice à moins de 50 dollars le baril.
“Le pétrole de schiste a un cycle de production plus court et plus souple, ce qui a un impact plus important sur les prix”, a expliqué Valentin Bissat.
Après avoir reculé en 2016, la production américaine, tous types de pétrole confondus, atteint désormais plus de 9,3 millions de barils par jour. Selon l’Agence Internationale de l’Energie, elle pourrait s’élever en 2018 à quelque 9,7 millions de barils par jour, ce qui constituerait un record.
Mais, “l’effort de l’Opep devrait être plus efficace au deuxième semestre, car il y a une hausse de la demande saisonnière de l’ordre de 2%”, a estimé Thomas Pugh.
En revanche, les analystes semblent exclure une hausse trop forte des prix, puisque à moyen terme, la production de l’Opep et de ses partenaires repartira à la hausse tandis que les Etats-Unis tournent à plein régime.
“L’Opep a toujours un impact sur les marchés, notamment à long terme, en revanche, sur les prix, l’effet est à très court terme et vite contrebalancé par la production aux Etats-Unis”, a noté Valentin Bissat.

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