Tripoli, 9 mai 2017 (AFP)

Entre 7.000 et 8.000 migrants originaires de l’Afrique sub-saharienne pour la plupart, sont actuellement détenus dans une vingtaine de centres de rétention en Libye, a indiqué mardi à l’AFP un responsable de l’organe de lutte contre l’immigration clandestine.
Abdulrazaq al-Shniti s’exprimait à l’occasion de l’ouverture d’un nouveau centre de rétention à Tajoura, dans la banlieue-est de Tripoli, portant le nombre des centres dans le pays à 42, dont 23 fonctionnels, a-t-il dit.
Le nouveau centre compte déjà 130 jeunes migrants africains arrêtés cette semaine dans un hangar à Tajoura, où ils ont été regroupés par des passeurs, en attendant de prendre la mer pour tenter la traversée de la Méditerranée, a précisé un responsable de l’établissement.
Selon M. Shniti, certains chefs de réseaux d’immigration clandestine ont été arrêtés « au cours de la dernière période » et seront, selon lui, présentés à la justice.
Les migrants sont rapatriés régulièrement vers leurs pays en coordination avec l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et des représentants de leurs ambassades, a ajouté le responsable.
C’est l’OIM aussi qui se « charge de fournir de l’aide aux migrants dans les centre de rétention », a-t-il expliqué.
Pour M. Shniti, le problème de l’immigration clandestine provient notamment de la région sud du pays où les frontières sont « totalement ouvertes » devant les migrants.
« Si nous stoppons (le passage des migrants) dans la région sud, nous pourrons limiter l’immigration clandestine », a-t-il assuré.
Du Temps du dictateur Mouammar Kadhafi, la Libye peine à contrôler les 5.000 kilomètres de frontière avec notamment le Soudan, le Tchad et le Niger.
La situation a empiré après la chute de l’ancien régime en 2011, les passeurs profitant du chaos qui règne en Libye pour envoyer chaque années des dizaines de milliers de migrants à destination de l’Italie qui se trouve à 300 kilomètres des côtes libyennes.
L’année dernière, 181.000 migrants, un record, étaient parvenus en Europe via les côtes italiennes, dont 90% en provenance de Libye.