Lire l'article complet>>"/>

Posted On avril 30, 2021 By In _news-slider, Nouvelles With 0 Views

Qui dirige les véritables intérêts de l’Europe et des États-Unis au Tigré?

Une reconstitution des événements qui risquent de déstabiliser la Corne de l’Afrique

par Guido Talarico

Après l’attaque du Commandement du Nord (qui visait à déstabiliser l’Éthiopie et à reprendre le contrôle d’Addis-Abeba, afin de mettre en pratique les objectifs déclarés du TPLF, à savoir l’indépendance du Tigré, le démantèlement de l’État Amhara et le déclenchement d’une guerre ethnique en Éthiopie), la réponse militaire de l’armée éthiopienne a permis de rétablir l’ordre et l’État de droit dans la région du Tigré, dans le but de créer les perspectives de paix et de stabilité dans toute la région, garanties par les gouvernements respectifs. Cependant, au moment où les peuples d’Éthiopie, d’Érythrée et de Somalie commençaient à se préparer à un nouveau chapitre de paix, de stabilité et de développement, un complot, pas si secret que ça, a été ourdi pour déstabiliser la région. Un complot dont le premier objectif est de renverser le Premier ministre et Prix Nobel de la Paix, Abiy Ahmed.

Des sources à Bruxelles et à Washington expliquent que la nouvelle administration américaine dirigée par Susan Rice, qui a été conseillère du TPLF pendant de nombreuses années et ne semble donc pas neutre dans cette affaire, semble avoir mis en œuvre une stratégie visant à déstabiliser le gouvernement en place en Éthiopie en recourant à une vaste campagne de désinformation financée principalement par les centaines de millions de dollars que le TPLF a réussi à accumuler en 27 ans de règne en Éthiopie.

Cette campagne, diffusée, il faut le croire plus ou moins inconsciemment, par les grands médias tels que CNN, BBC, Al Jazeera, France 24, New York Times et d’autres médias influents, et facilitée, plus ou moins consciemment, par certaines ONG, vise à dramatiser la situation humanitaire au Tigré en accusant les forces armées éthiopiennes et érythréennes de tous les abus possibles. L’objectif est de créer les bases d’une intervention humanitaire comme en Irak et en Libye et de changer le cours de l’histoire dans la région avec le risque de répéter les graves erreurs commises dans ces pays. Les Américains ne semblent pas avoir tiré les leçons récentes du passé, ou du moins ils ne semblent pas totalement conscients de ce qui se passe réellement dans la Corne de l’Afrique. Au lieu de reconnaître que la guerre du Tigré s’est terminée par la défaite de l’armée irrégulière et déstabilisatrice du TPLF et de s’adapter à la nouvelle réalité, l’UE et les États-Unis semblent déterminés à sauver le TPLF, en niant ses attitudes subversives et en essayant même de le faire passer pour une victime. Vouloir remettre au pouvoir les responsables des pires crimes en Éthiopie plutôt qu’un lauréat du prix Nobel de la paix est difficile à comprendre et à accepter, surtout si cette stratégie vient de ceux qui se présentent comme les champions des droits de l’homme, ayant une longue tradition positive à cet égard. Sauver le TPLF pour le maintenir au pouvoir à tout prix semble au contraire être jusqu’à présent le leitmotiv de Washington et de Bruxelles.

Pour atteindre cet objectif, ils ont essayé toutes les cartes jusqu’à présent: d’abord proposer des sanctions au Conseil de sécurité sans succès en raison de la forte opposition de la Chine et de la Russie en particulier, puis créer une stratégie commune entre le ministre des affaires étrangères de l’UE, M. Borrel, et le secrétaire d’État, M. Blinken, pour faire pression sur l’Éthiopie et tenter de l’affaiblir par tous les moyens. Cette stratégie commune, apparemment préparée par Rondos, le conseiller de Borrel, qui se targue d’avoir une grande influence sur Blinken, a pris forme avec la nomination de l’envoyé spécial Felkman, très proche de Susan Rice, chargé d’atteindre les objectifs suivants:

1) Se débarrasser du PM Abiy avec l’aide de l’UE et le remplacer par un dirigeant du TPLF.

2) Aider l’Egypte dans le conflit du barrage en échange d’un soutien actif contre Abiy par le biais du Soudan.

Malgré le mandat exploratoire de l’envoyé spécial Felkman, qui devait se rendre dans la région pour entendre toutes les parties, ses déclarations plutôt hostiles avant son départ trahissent la détermination de l’administration américaine à intervenir directement pour ramener le TPLF au pouvoir en Éthiopie. Sans comprendre que toute intervention de leur part aura des conséquences catastrophiques non seulement en Éthiopie mais aussi dans toute la Corne de l’Afrique et au-delà. Ne pas comprendre que déstabiliser Abiy, premier ministre et représentant du plus grand groupe ethnique d’Éthiopie, revient aujourd’hui à créer une situation de déstabilisation permanente pire que la Libye, la Syrie et l’Irak réunis, avec des guerres ethniques de plusieurs décennies, des dizaines de millions de réfugiés et de nombreux criminels en liberté. L’administration Biden, qui agit avec beaucoup de courage et de clairvoyance dans d’autres zones géographiques, risque de laisser un héritage très lourd si elle ne prend pas le temps de comprendre tous les enjeux de la Corne de l’Afrique. Ce n’est pas une coïncidence si la Chine est sur le qui-vive, prête à intervenir. Si nous continuons ainsi et s’il n’y a pas de réflexion, à la fin l’Afrique sera peut-être obligée de choisir non pas en fonction de sa véritable vocation mais parce qu’elle sera poussée dans la seule direction possible par les politiques suicidaires de quelques responsables qui ne tiennent pas compte du véritable intérêt stratégique des Etats-Unis et de l’Europe et encore moins de la vie des populations locales.

Associated Medias (tout les droits sont réservés)